Résumé

Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire… (1908)

Fouquier, depuis la veille, n'a pas quitté le Palais : il rôde, suivant son habitude, parlescorridors et les bureaux : mais que tout cela semble vide ! Les employés inoccupés, les salles d'audience désertes, les couloirs sans animation, les gendarmes oisifs ; plus de bourreau, d'huissiers empressés ; plus de costumes ni de panaches : des fronts soucieux, des mines préoccupées ; les jurés ne se montrent plus, les solides eux-mêmes se terrent. Du tribunal silencieux l'entrain a passé au préau de la Conciergerie, d'où montent des clameurs de joie et des bravades ironiques.
Source : Gallica

Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire… (1908)

C'est dans les couloirs du tribunal qu'était le spectacle : le vaet-vient continu des magistrats empanachés, au manteau noir flottant, des jurés se réunissant à la buvette, dînant là, fort gais, quand Fouquier est loin, plus silencieux et gourmés lorsqu'ils l'aperçoivent : lui est toujours en mouvement, bousculant ses commis, activant les expéditionnaires, courant de la salle de la Liberté à celle de l'Égalité, dictant à ses substituts les actes d'accusation, laissant toujours ouvertes les portes de son cabinet afin de tout surveiller et de toutentendre.
Source : Gallica

Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire… (1908)

Les assassins rôdant par la cour, cherchant des victimes, avisent la grille ouverte de cet escalier ; quelqu'un leur a-t-il soufflé que, là-haut, ils trouveront les Suisses du tyran appelés en témoignage au procès de leur colonel? Ils montent; les voici dans le vestibule de la Tournelle : ils poussent la haute porte de la salle d'audience et apparaissent sur le seuil, en guenilles sanglantes, tenant aux poings leurs armes rouges. L'effroi est tel que les Suisses qui se trouvent là, se jettent à terre, rampant sous les banquettes pour n'être pas vus des assassins.
Source : Gallica

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