Résumé

Octave Aubry Sainte-Hélène. La mort de l'empereur (1938)

On n'entend plus les cloches, le canon, le pas des chevaux, le cliquetis des armes ; le nom de Napoléon emplit la ville. Une fois encore, après son long reniement, elle se redonne à lui.
Dans les jours les plus sombres de Sainte-Hélène, il l'avait dit à ses compagnons :
— Vous entendrez encore Paris crier : « Vive l'Empereur !... »
Il ne s'était pas trompé ; un million d'hommes, dans un triste et fanatique amour, l'acclament, tandis qu'il passe sur son pavois, emporté par ses Victoires, au-dessus du battement des cœurs et de l'inclinaison terrible des drapeaux.
Source : Gallica

Octave Aubry Sainte-Hélène. La mort de l'empereur (1938)

A la fin, Napoléon regarde le malheureux dont les yeux se ferment :
— C'est assez, Montholon, vous dormez debout. Qu'on m'appelle Gourgaud.
Certes il eût dû attendre le jour quand le jour est si long à tuer (I) . Mais sa pensée veut être satisfaite et sans délai. Qu'une idée le traverse, il ne voit plus que la politique, sa renommée, l'avenir de sa dynastie.
Il paraît inhumain. Mais c'est qu'il n'est qu'un homme, hélas, ce grand homme, et variable entre tous, et le plus complexe, le plus instinctif, et par là le plus difficile à fixer.
Source : Gallica

Octave Aubry Sainte-Hélène. La mort de l'empereur (1938)

Passe avec lui l'époque la plus haute peut-être de l'Histoire, le temps de la Révolution et de l'Empire. Que de sang, que de larmes, mais que de grandeur ! Pendant vingt ans la France a été maîtresse de la terre, dans un tumulte d'orgueil que Rome même ne connut pas. C'est à cela que le peuple pense, secoué dans la moelle de ses os. « A bas les traîtres de 1815 * ! », gronde-t-il maintenant. Et quand il aperçoit Bertrand qui marche près du char, la tête courbée, égaré, étouffé par ses souvenirs, il s'écrie, le payant d'un coup des années de Sainte-Hélène : « Vive la fidélité ! »
Source : Gallica

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