Résumé

Souffrances de Napoléon

Quand l'Empereur sut l'arrestation de Las Cases, et qu'il eut appris les causes qui avaient déterminé cette arrestation, il haussa les épaules en s'écriant :
« Comment un homme qui a autant d'esprit que Las Cases a-t-il pu choisir pour agent secret un mulâtre qui ne sait ni lire ni écrire, et songer à l'envoyer passer six mois en Angleterre, où il n'a jamais été, où il ne connaît personne ? Comment d'ailleurs a-t-il pu espérer que cet homme obtiendrait la permission de s'embarquer en sortant de Longwood ? Véritablement tout cela est digne de l'imagination d'un écolier de sixième. »
Source : Gallica

Souffrances de Napoléon

Le départ du comte de Las Cases nous avait laissés tous sous de pénibles impressions.
Il y a de ces anniversaires plus sombres que les autres, parce qu'ils ramènent naturellement des souvenirs qui forcent l'homme à faire la comparaison du passé avec le présent.
Le Ier janvier, cette fête de famille où l'Empereur aux Tuileries était d'abord salué par une femme qu'il adorait, par un fils qui faisait tout son espoir, par un peuple dont il rêvait le bonheur, par quatre rois, ses frères de sang, et enfin par dix ou douze autres rois qui se disaient ses frères d'amitié
Source : Gallica

Souffrances de Napoléon

Mais, dès le premier jour, l'Empereur nous dit : « Cet homme est méchant ; son oeil, en me regardant, était celui d'une hyène prise au piège ; méfiez-vous-en, messieurs. Nous nous plaignions de l'amiral, nous le regretterons peut-être ; car, au fait, il a le coeur du soldat, tandis que ce général ne me paraît en avoir que l'habit. Sa mine me rappelle celle d'un sbire de Venise. Qui sait ? peut-être sera-t-il mon bourreau ? Cependant ne nous hâtons pas de le juger ; le moral, après tout, peut raccommoder ce que la figure a de sinistre. »
Source : Gallica

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