Patrice Dillon

Résumé

Patrice Dillon Revue des Deux Mondes

Rien de plus étrange que le spectacle offert tous les soirs, après huit heures, par ces maisons de jeu. Au dehors, une foule immense en obstrue les portes ; à l’intérieur, les joueurs avides se forcent un passage jusqu’à la table de monte, et, dans leur fougue impatiente, en viennent souvent aux mains. Ailleurs, c’est à coups de poing ou de pied que se vident les querelles de cette nature. En Californie, une injure ou même quelquefois un léger froissement sont, à l’instant, suivis d’un coup de poignard ou de pistolet.
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Patrice Dillon Revue des Deux Mondes

Les Français sont, après les Américains, l’élément le plus nombreux de la population actuelle de la Californie. On en trouve près de dix mille, soit à San-Francisco, soit aux mines. Ceux d’entre eux qui ont une bonne conduite, et c’est, je suis heureux de pouvoir le dire, la grande majorité, réussissent parfaitement. Plus sobres que les Américains et les Anglais, ils échappent, faute d’en trouver les occasions, à d’autres excès auxquels ils sont plus particulièrement enclins. Au reste, ici comme ailleurs, la fortune reste non pas à l’homme qui gagne beaucoup, mais à celui qui dépense peu.
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Patrice Dillon Revue des Deux Mondes

J’ai rarement rencontré une plus belle race que la race espagnole de la Californie. Les hommes sont grands, bien faits et pleins d’énergie. Les femmes ont, avec de beaux cheveux d’un noir de jais, avec un port plein de dignité et de grace, avec le type en un mot des Andalouses, une peau qui rivaliserait de blancheur et de transparence avec celle des Anglaises. La race espagnole, qui a combattu les Américains long-temps et avec courage, peut être évaluée à huit mille ames.
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