Résumé

Portrait de Paul Déroulède Paul Déroulède 70-71, nouvelles feuilles de route… (1907)

« Moi, je viens de Hirschberg! » — « Moi, je viens de Breslau! » — « Moi, je viens de Gœrlitz ! »
Chacun alors de commencer son récit d'évasion, les propos s'entremêlant, s'embrouillant et s'achevant dans des rires sans prétexte mais non pas sans cause.
— Je suis le capitaine Strasser, me dit l'un.
— Je suis, moi, le lieutenant Blanc, me dit l'autre.
— Et je suis, moi, le demi-sous-Jieutenant de mobiles et le demi-zouave de deuxième classe Déroulède. »
Source : Gallica

Portrait de Paul Déroulède Paul Déroulède 70-71, nouvelles feuilles de route… (1907)

Par un phénomène assez fréquent, le courage de la révolte surgissait de toutes ces lâchetés.
Le capitaine Le Lorrain, qui marchait à notre tête, renonça à faire écouler le flot; il tâcha tout au moins de le traverser.
— « Laissez-nous avancer, si vous n'avancez
pas vous-mêmes, » cria-t-il aux hommes du premier rang.
Ce ne fut naturellement pas ceux-ci qui lui répondirent, ils se contentèrent de ne pas bouger; mais, à deux ou trois mètres de là, des criées d'injures et de menaces éclatèrent contre nous.
Le commandant Lanes poussa son cheval le plus en avant qu'il pût dans la cohue.
Source : Gallica

Portrait de Paul Déroulède Paul Déroulède 70-71, nouvelles feuilles de route… (1907)

Lanes eut sans doute pitié de moi, car il me rappela d'un geste et ajouta très grave : « Non, nous ne fuyons pas, je ne peux pas croire que nous fuyions.
Mais J'armée de J'Est est entourée d'un cercle de fer dans lequel nous allons tâcher de nous ouvrir une trouée.
— Merci, mon commandant! »
je rentrai dans le rang, un peu moins honteux, mais non pas moins triste.
Le régiment marcha toute la nuit sans repos, sans halte, sans arrêt, marche terrible à travers champs, hors de toute route, avec de la neige jusqu'aux genoux.
Source : Gallica

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