Résumé

Paul Labbé Un bagne russe, l'île de Sakhaline… (1903)

C'est un péché de faire mourir un dieu, et comme le foyer est quelque peu dieu, c'est un péché que de le laisser éteindre. Le foyer est, pour ainsi dire, le dieu de la famille. Quand celle-ci est trop nombreuse, que la vie devient difficile pour tous, qu'il faut se séparer, l'aïeul donne au plus vieux de ceux qui s'éloignent une partie du foyer. Bien que Sternberg, qui connaît si bien les Guiliaks, le nie, je crois qu'il y a des idoles en bois sculpté dans les arbres.
Source : Gallica

Paul Labbé Un bagne russe, l'île de Sakhaline… (1903)

Le repas dure longtemps, on boit, on danse, on se grise de nouveau; puis, l'ivresse passée, les hommes vont porter au fond de la forêt la tête du héros de la fête ; ils la déposent
sur un tas d'ossements où blanchissent les crânes séculaires d'ours tués dans les fêtes passées.
Les invités rentrent chez eux sur leurs traîneaux attelés de chiens ; d'autres qui habitent les villages voisins, s'en vont sur leurs skys. Ils s'en retournent sans plus de cérémonie ; on ne se dit jamais au revoir ou adieu chez les Aïnos de Sakhaline.
Source : Gallica

Paul Labbé Un bagne russe, l'île de Sakhaline… (1903)

Les résultats de la colonisation pénitentiaire n'ont pas été ceux qu'on espérait, et c'est la faute du système lui-même qui fait qu'un paresseux n'apprend jamais à travailler dans une prison de Sakhaline et qu'un travailleur y apprend la paresse ; c'est la faute de la société qui, puisqu'elle prend le droit de punir, a le devoir de donner au libéré les moyens de redevenir un homme; c'est la faute enfin de tous ceux qui
oublient qu'un crime pour lequel un condamné a subi la peine exigée par la loi, est un crime expié et dont personne, sauf le coupable, ne devrait plus se souvenir !
Source : Gallica

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