Pierre Brétigny

Résumé

Pierre Brétigny Mouchot "la fille" (1885)

Il faisait très chaud ; de toutes les armoires à linges, grandes ouvertes, se répandait une odeur d'iris. Brusquement Camille accosta Lisa, lui arracha l'ouvrage des mains et, l'enveloppant de
ses bras, la pressant contre sa poitrine, avec des soupirs il colla longuement sa bouche ardente sur les lèvres de la jeune fille.
Le soir, quand madame Mouchot invita l'ouvrière à lui montrer sa besogne de la journée, celle-ci se tut, embarrassée, puis ânonna une excuse ; la veuve, n'insistant pas, regarda seulement en face Lisa, qui baissait les yeux.
Source : Gallica

Pierre Brétigny Mouchot "la fille" (1885)

Résolument, à bout de recherches vaines, Laurence entama la « marche turque » de Mozart, la
seule que Camille sût par coeur, et sur ce rhythme brillant enlevé, la colonne s'ébranla pour faire le tour de l'église et du couvent, les fillettes ouvrant la marche avec la bannière de moire blanche frangée d'or, au milieu de laquelle une vierge en carton vernie se dressait sur un nuage de mousseline gaufrée, pailletée d'argent,
Plouc avait de la peine à garder la gravité solennelle de sa physionomie. Il rêvait à sa mer cière.
Source : Gallica

Pierre Brétigny Mouchot "la fille" (1885)

Comme Camille en serait épris ! Hélas ! Landais aussi l'était sans doute, amour partagé, selon toute vraisemblance !
Pourtant la pâleur de Laurence quand elle avait
ouvert à sa tante, sa question en hâte : « Mon cousin ! » semblaient des indices que le passé n'était pas tout à fait mort dans le coeur de la jeune femme. Il ne s'agissait que de l'évoquer adroitement.
Laurence lui présentait toujours l'étui d'or :
– Oui, donne-moi cent francs en plus, dit madame Mouchot. Si ça ne te gêne pas, bien entendu.
– Du tout ! Nous avons pas mal d'argent, que nous placerons quand nous irons à Paris.
Source : Gallica

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