Résumé

Portrait de Pierre-Louis Roederer Pierre-Louis Roederer Mémoire pour servir à l'histoire de la Société polie en France (1835)

Le bel esprit a essayé de nos jours d'accréditer un paradoxe qui nie paraît blesser tout ensemble la vérité, la morale et le goût. C'est que où la vertu règne, la bienséance est inutile (i) ; que la pureté des mœurs n'a rien à cacher ni à déguiser; que la franchise du langage est un des attributs de l'honnêteté des mœurs. Suivant cette doctrine, la bienséance ne serait qu'un voile bon à jeter sur le dérèglement des mœurs, ou tout au plus un palliatif de l'incontinence générale. Sans doute, plus les mœurs sont dissolues, et plus il importe que le langage épargne le dégoût qu'elles inspirent.
Source : Gallica

Portrait de Pierre-Louis Roederer Pierre-Louis Roederer Mémoire pour servir à l'histoire de la Société polie en France (1835)

Dire que la chasteté du lan gage ne doit pas aller au-delà de celle des mœurs, quelque corrompues qu'elles soient, c'est prétendre que la société de mœurs honnêtes est condamnée à entendre et à parler un langage qui respire le mépris de l'honnêteté et de la morale ; c'est avancer que le langage peut mettre à découvert des mœurs que la morale oblige à cacher; c'est aussi établir en principe que des esprits délicats et polis n'ont pas le droit d'explure de leur langage des expressions grossières et brutales, et j'observe ici que si la décence est une loi delà morale, c'est aussi une loi du goût.
Source : Gallica

Portrait de Pierre-Louis Roederer Pierre-Louis Roederer Mémoire pour servir à l'histoire de la Société polie en France (1835)

CARACTÈRE MORAL DU QUATRUMVIRAT DE MOLIERE, LA FONTAINE, RACINE ET BOILEAU.
LE roi était tout-puissant sur la nation par sa gloire, par le noble usage qu'il faisait de sa gloire même : Molière était tout-puissant près du roi par le plaisir qu'il donnait à la cour, par la louange, par le concert de louanges que Racine et Boileau, ses jeunes amis, guidés par ses conseils et son exemple, prodiguaient à l'envi au monarque. Racine, en 1664, dans la Renommée aux muses, Boileau, en 1665, dans son Discours au roi, avaient porté l'art de louer au plus haut degré.
Source : Gallica

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