Pierre-Louis Roederer,
Mémoire pour servir à l'histoire de la Société polie en France
(1835)
“ Le bel esprit a essayé de nos jours d'accréditer un paradoxe qui nie paraît blesser tout ensemble la vérité, la morale et le goût. C'est que où la vertu règne, la bienséance est inutile (i) ; que la pureté des mœurs n'a rien à cacher ni à déguiser; que la franchise du langage est un des attributs de l'honnêteté des mœurs. Suivant cette doctrine, la bienséance ne serait qu'un voile bon à jeter sur le dérèglement des mœurs, ou tout au plus un palliatif de l'incontinence générale. Sans doute, plus les mœurs sont dissolues, et plus il importe que le langage épargne le dégoût qu'elles inspirent. ”
