R. de Segonzac

Résumé

R. de Segonzac Revue des Deux Mondes

Toute la soirée se passe, jusqu’à la nuit, à plonger dans ce courant sauvage pour chercher, pour sonder... rien ! Quand la nuit vient, nous nous serrons les uns contre les autres, personne ne parle, il pleut plus fort que jamais. Où sont les Païns, pourquoi ne nous ont-ils pas encore attaqués ? S’ils reviennent, c’en est fait de nous. Et nous sommes là, sur cet étroit banc de sable, adossés à notre pirogue renversée, l’œil fixe, essayant de pénétrer du regard cette terrible forêt, frémissant au moindre bruit !
Tout à coup Quiquerez se plaint du froid, de la fièvre.
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R. de Segonzac Revue des Deux Mondes

Enfin, le soir, nous arrivons à un gros village qui termine la lagune. C’est le village de Zacaraco. Le roi Goddé nous reçoit à merveille, c’est la première fois que lui et son peuple voient des blancs. Les habitans sont de beaux hommes, les femmes sont affreuses comme partout sur cette côte.
Partout, en effet, ce contraste existe entre l’homme et la femme de ces pays ; l’homme grand, large d’épaules, l’air intelligent, les traits européens, la femme, au contraire, misérable, reléguée au rang d’esclave, tordue, voûtée, abrutie par les lourdes tâches, les gros travaux, les ouvrages de force.
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R. de Segonzac Revue des Deux Mondes

C’est très joli de tuer un éléphant, reste encore à s’en approprier les défenses et à les rapporter à la côte. Or un homme, avec une cognée, un cric et une scie, met plusieurs heures à briser l’os maxillaire, à déchausser les défenses, à soulever l’éléphant, qui est tombé sur le flanc. Papillon, lui, en quatre petites heures, m’explique-t-il en me montrant le soleil de huit heures et le soleil de midi, avec son matchet et son couteau, s’empare du râtelier complet de son éléphant, dents comprises, et revient portant sur son dos cet effroyable fardeau.
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