Résumé

Raoul Calary Les clients de Voltaire : discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats… (1868)

Il est donc mort, frappé par la société civile pour des faits qui ne concernaient que la religion : jamais la liberté de la pensée humaine n'a été plus violemment foulée aux pieds. Il est mort pour des actes qu'on a osé qualifier crimes de lèse-majesté divine : comme si la Divinité avait remis aux hommes le droit de se faire juges des offenses qu'elle peut avoir reçues !
« Il y a dans tout cela de quoi frémir d'horreur, écrivait Voltaire quelques jours après l'exécution ; j'avoue que la tempête qui a fait périr le chevalier de La Barre m'a fait plier la tête. »
Source : Gallica

Raoul Calary Les clients de Voltaire : discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats… (1868)

Ainsi, pendant la première moitié du siècle, silence complet sur ces graves questions : l'esprit public passe à côté d'elles sans se révolter, sans manifester un doute; la loi continue toujours de frapper l'accusé sur de simples indices, de proscrire toute procédure publique, d'ordonner la torture comme mode de preuve, de prodiguer la peine de mort, d'inventer les supplices les plus raffinés, de frapper même des faits comme le sacrilège, le suicide, l'hérésie, qui ne peuvent être des crimes qu'aux yeux de la religion.
Source : Gallica

Raoul Calary Les clients de Voltaire : discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats… (1868)

Si les corps judiciaires ont cessé de remplir le rôle politique considérable dont ils avaient su s'acquitter autrefois, ils continuent toujours d'appliquer la procédure et la pénalité si cruelles des siècles passés. Quant à l'esprit public, qui s'élève contre les abus de la royauté, du clergé et de la noblesse, qui s'attaque même à l'entêtement et à l'immobilité des parlements en matière politique, il laisse, par une inconséquence singulière, ces mêmes parlements conserver, sans que sa sollicitude s'éveille, les formes barbares d'une justice peu rassurante pour l'innocence.
Source : Gallica

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