Résumé

Victor Martinais Etude sur Condorcet. Lecture faite à la séance de rentrée des conférences… (1876)

Déjà, en apprenant le vote d'une loi qui frappait de mort ceux qui offraient un asile à des proscrits, Condorcet était allé dire à Mme Vernet : «Vos bontés, Madame, sont gravées dans mon cœur en traits ineffaçables. Plus j'admire votre courage, plus mon devoir d'honnête homme m'impose de n'en pas abuser. La loi est positive ; si on me découvrait dans votre domicile, vous auriez la même triste fin
que moi ; je suis hors la loi, je ne puis plus rester. »
Source : Gallica

Victor Martinais Etude sur Condorcet. Lecture faite à la séance de rentrée des conférences… (1876)

En vain la Convention acheta et fit distribuer trois mille exemplaires du livre dont elle avait proscrit l'auteur; les excès, les violences qui pendant son pouvoir souillèrent Paris et la France, avaient pour longtemps frappé de stérilité les idées généreuses qu'elle voulait populariser, et dont Condorcet mourant n'avait pas désespéré. L'esprit libéral avait fléchi partout sous les excès révolutionnaires, et les âmes détendues et sans ressort étaient mûres pour la dictature impériale.
Source : Gallica

Victor Martinais Etude sur Condorcet. Lecture faite à la séance de rentrée des conférences… (1876)

Vous savez, Messieurs, si chez Condorcet le courage et la volonté étaient au-dessous du talent, s'il hésitait et s'il calculait lorsqu'il fallait, au prix de sa vie, se prononcer dans quelque question de justice et d'intérêt public. Aussi dans une touchante épître qu'il adressa à sa femme pendant sa proscription, et qui est la seule poésie qu'il ait jamais composée, il a pu écrire ces beaux vers bien dignes de terminer son éloge, et auxquels je n'ai rien à ajouter : Ne crains pas que jamais je succombe à mon sort
Source : Gallica

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