Résumé

René Allendy Aristote, ou le Complexe de trahison (1943)

Aristote ou, plus exactement, Aristotelès, signifie quelque chose comme le meilleur des buts, la finalité la plus haute. En lui donnant ce nom, son père Nicomaque avait voulu indiquer que les desseins du souverain destineraient son fils à participer aux plans grandioses de la Macédoine : ce nom était plus qu'un symbole ou une évocation, il était comme une carrière tracée par le père. Nicomaque ne s'était pas soucié du fait que les plans macédoniens visaient à l'asservissement de sa terre ancestrale, ni que sa loyauté envers l'impérialisme macédonien était une trahison à son sang et à sa race.
Source : Gallica

René Allendy Aristote, ou le Complexe de trahison (1943)

Aristote a le triste mérite d'avoir été le premier philosophe à faire de cette honte humaine une règle naturelle, précisément en assimilant l'esclavage à la famille. De même que l'instinct de reproduction unit l'homme et la femme, de même, dit-il, l'instinct de conservation unit le maître et l'esclave. Et pour montrer que la condition servile n'est pas une convention injuste, contraire à la nature, il admet que c'est un cas particulier de la domination normale des faibles par les forts et qu'il est de l'avantage des deux que l'un commande à l'autre.
Source : Gallica

René Allendy Aristote, ou le Complexe de trahison (1943)

Or, quel avait été le rôle d'Aristote au milieu de toutes ces intrigues ? Il est bien certain que, s'il s'était avisé de prêcher la morale à son élève et de lui montrer le parricide comme répréhensible, Alexandre, qui était ombrageux, se serait pour le moins séparé de lui. Que se passa-t-il au contraire ? Qu'il combla Aristote de faveurs : jamais ce dernier n'en avait reçu autant. Au demeurant, l'aboutissement des événements n'était pas contraire aux préceptes d'Aristote ni à toute son idéologie qu'on pourrait traduire avec simplicité : « Tout est bien qui finit bien. »
Source : Gallica

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