Résumé

Portrait de René Boylesve René Boylesve La carrosse aux deux lézards verts

Écoute, bûcheron, tu t'en vas mourir! Et tu n'as souci que de tes enfants. Voilà qui me confond et m'arrache à ma sérénité de déesse. Aussi je veux, pour une fois, vous aimer, pauvres hommes! comme j'ai aimé les nuages, la fantaisie, ou l'ombre de tes bois. Ton honnêteté est grande, ami, et tu aurais pu mener jusqu'au bout une destinée heureuse, si tu n'avais cru, par suite d'un amour déréglé, qu'il fallait que tes filles s'élevassent indéfiniment. Pourtant, Gilles, on te l'a dit: il n'y a qu'un bien pour qui n'est pas doué de génie, c'est la simplicité du cœur.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve La carrosse aux deux lézards verts

Le Frère Ildebert fit observer:
—La jeunesse tire sur tout ce qu'elle voit. C'est ainsi que bien des objets du monde demeurent à la merci de l'ignorance et peuvent être anéantis par elle. Pourquoi, ajouta-t-il en laissant virer tout à coup ses idées, suis-je arrivé sur la place au moment où vous alliez, monsieur, madame, griller comme deux côtelettes?
—Je n'en sais fichtre rien, dit Gilles, mais ceci, par exemple, est une chose bien faite!
—Qu'est-ce qui est bien? Qu'est-ce qui est mal?... demanda le jeune
Loys troublé par sa double éducation.
—Taisez-vous donc, mon garçon!
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve La carrosse aux deux lézards verts

Et la quantité de ces verts, et ces formes baroques et admirables, parmi les verts infiniment variés de la forêt caressée d'en haut par la lumière d'été, composaient un spectacle de nature à émouvoir un bûcheron rêvasseur, ami des sous-bois, troublé de vivre à l'heure où les bêtes parlent, et, par-dessus tout, piqué du souci de la future grandeur de ses filles.
Il ne vit pas approcher de lui un objet aussi peu coutumier, sans tendre sa main vers la fidèle cognée appuyée comme lui-même à la bille de bois.
Source : Gutenberg

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