Sosthène Cambray

Le moulin (1857)

Résumé

Sosthène Cambray Le moulin (1857)

Je voudrais vous épargner des vérités affligeantes; mais n'avez-vous pas pensé quelquefois que vous seriez bien étrangère, bien isolée dans le monde où ce mariage vous placerait; que vous Vivriez bien tristement dans ce
166 grand château qui vous paraît si beau?... Non, sans doute ! la jeunesse ne regarde pas si loin que cela. Vous ne pensez qu'à l'amour de Julien, qui vous tiendrait lieu de tout. Eh bien, Julien vous épouserait en ce moment avec bonheur, je l'admets; il est jeune et ne connaît rien de la vie; mais les passions changent d'objet avec l'âge.
Source : Gallica

Sosthène Cambray Le moulin (1857)

Que diable! mon cher, laisse ces belles occupations aux vieillards qui n'ont plus d'autres ressources contre l'ennui. Cette vie épaisse et abrutissante n'est pas faite pour un garçon qui a, comme toi, de l'éducation, de la naissance et de la figure. Crois-moi, brise au plus tôt avec ces idées saugrenues. Retourne à Paris, tu n'y seras pas de six mois, qu'elles te paraîtront aussi ridicules qu'à moi.
—Mais, mon cher oncle, j'y ai passé près d'un an. Je n'ai fait qu'entrevoir le monde, mais il ne m'a pas séduit.
Source : Gallica

Sosthène Cambray Le moulin (1857)

Ce que vous demandez aujourd'hui, mon enfant, comme une grâce qui assurerait votre bonheur mutuel, n'assurerait en effet que votre malheur à tous deux. Le monde a ses lois, ses usages, que rien ne peut vaincre; il les défend cruellement contre qui veut les enfreindre. Il n'est pas même besoin de cela : ils se défendent trop bien eux-mêmes. Aujourd'hui vous croiriez vous mettre au-dessus d'eux en épousant Julien, demain ils se vengeraient à leur tour.
Source : Gallica

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