Victor Charlier

Résumé

Victor Charlier Revue des Deux Mondes

Mais, jusqu’à présent, le signe le plus infaillible d’une moralité plus grande et d’une civilisation progressive, le mariage, n’est qu’une exception bien rare dans cette population abrutie. Il faut dire ce qu’on entend par ce mot de mariage, quand il s’agit d’esclaves qui, n’ayant point d’état civil, n’ont rien à faire inscrire sur les registres des municipalités ou de toute autre administration publique, même pour ce changement radical dans leur situation : le mariage, pour eux, n’est autre chose que l’union religieuse consacrée par l’église.
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Victor Charlier Revue des Deux Mondes

Il nous semble qu’un pareil ordre de choses tend naturellement à doter l’administration de la Guyane d’institutions et de garanties nouvelles, comme le pécule légal, les caisses d’épargne spéciales pour les noirs, le rachat forcé, imposable aux maîtres dans certaines conditions. Ce loisir abandonné aux esclaves, doit-il être pour eux tout-à-fait inutile ? Ne faut-il pas leur donner la pensée et le courage d’amasser, dans le but de se mettre sous la protection de la loi, et de se racheter eux-mêmes sans être trop marchandés.
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Victor Charlier Revue des Deux Mondes

Avec la meilleure volonté du monde pour enregistrer des faits et les laisser parler d’eux-mêmes, il est difficile de ne pas donner ici l’explication la plus saillante et la plus compréhensive de ce peu de richesse immobilière qui se trouve dans les mains des libres de couleur. Indépendamment des causes d’infériorité qui doivent être imputées à leurs propres fautes, n’est-il pas évident que, s’ils sont pauvres, c’est qu’ils étaient esclaves naguère, et que, même libres, ils ont été long-temps opprimés ?
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