Résumé

Victor Du Bled Un Amour platonique au XVIIIe siècle - Madame de Coigny et Lauzun

Un soir, à Marly, la reine le traitant avec un dédain plus absolu que jamais, la marquise de Coigny, qui venait à peine d’être présentée à la cour, osa lui parler : pénétré de reconnaissance, il l’avertit qu’elle déplairait en lui témoignant de l’intérêt ; elle répondit qu’elle le savait bien. Sa grâce, son esprit, son caractère hardi, frondeur, enchantèrent Lauzun, qui ne tarda pas à se sentir bien plus certain « d’être sans espoir que sans amour. » Il n’avait encore rencontré aucune femme qui lui ressemblât ; et, dès ce moment, elle remplit son cœur et son esprit.
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Victor Du Bled Un Amour platonique au XVIIIe siècle - Madame de Coigny et Lauzun

Il s’élève autour d’elle comme une clameur d’admiration et de sympathie attendrie : sans efforts, sans calcul, par la dignité de son attitude, elle obtient la considération générale, captive les amis et les indifférens, les hommes et les femmes ; seul son mari resta insensible au charme pudique de l’épouse qui l’aimait et n’osait peut-être pas lui montrer son cœur. Mme de Lauzun, écrivait Mme Necker, rougit dès qu’on la regarde et rougit encore de s’être aperçue qu’on la regardait... Les portraits d’imagination sont les seuls qui lui ressemblent.
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Et si l’on prétend que la mode nouvelle n’est qu’un retour à une mode déjà oubliée, ne peut-on répondre que l’homme moderne ne ressemble guère à l’homme d’autrefois, que chaque siècle a son empreinte, sa gloire, ses étonnemens, ses découvertes, ses défauts, différens de ceux des siècles précédons ? Aussi les vieilles tours de Montaigu, si elles avaient pu parler, auraient-elles révélé des mystères, raconté des drames, des épopées qui, par la variété du panorama, eussent charmé la questionneuse de Mme de Coigny.
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