Arthur de Ganniers

Résumé

Arthur de Ganniers Revue des Deux Mondes

Effectivement, la date à laquelle Lauzun était inscrit pour la première fois sur la matricule d’un régiment était précisément celle où éclatait dans l’armée française le mouvement vers l’étude, peut-être le plus actif qui s’y soit déclaré jamais. Les revers de la guerre de la Succession d’Autriche et plus encore ceux de la guerre de Sept-Ans avaient fait naître, à cet égard, parmi nos militaires, de salutaires réflexions. Nos officiers s’étaient souvenus que toute science a des règles, que tout art a des principes, l’art et la science militaires comme les autres.
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« Préparez la désertion autrichienne, et sous peu de temps, nous lâcherons la bride à ce moyen d’effrayer le « jeune homme [3] . » Si nous pouvions avoir un corps entier tout armé, tout vêtu, nous lui ferions une entrée triomphale à Paris comme aux Châteauvieux et cela ferait un bien autre effet. »
Lauzun avait, en réalité, mis en avant cette histoire de déserteurs autrichiens comme un appât destiné à amorcer Dumouriez, à l’amener à l’idée de l’offensive pour l’armée du Nord.
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Mais quand il s’agit de lui-même, toutes les manœuvres deviennent légitimes, les intrigues n’ont plus qu’un but : le service et le salut de la patrie.
A part cette fatuité extrême, Lauzun semblait encore être un de ces hommes funestes qui portent malheur à tout ce qu’ils entreprennent. Les folies de son existence scandaleusement dissipée avaient porté le dernier coup au prestige de la royauté, et voilà que son ingérence dans le nouveau régime compromettait de la façon la plus grave les débuts militaires de la Révolution.
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