Édouard Gourdon

Résumé

Édouard Gourdon Physiologie du Bois de Boulogne (1841)

Que d'existences problématiques emportées dans ces voitures, sur ces chevaux qui vous croisent au pas, au trot ou au galop! Que de vies mystérieuses et pleines de tribulations sous ces dehors éclatants !
Ici, plus encore que dans les salons, plus encore qu'à la bourse, la fourberie est à l'ordre du jour; car, ce n'est plus seulement l'homme qui parle et trompe, c'est lui et ses chevaux, sa voiture, ses livrées et ses valets. Tel que vous avez vu petit et mal à l'aise dans le monde, vous apparaît ici grand et beau, trônant avec grâce sur une selle anglaise ou les coussins soyeux d'une voiture.
Source : Gallica

Édouard Gourdon Physiologie du Bois de Boulogne (1841)

Le piéton par excellence arrive au Bois de midi à une heure, il s'extasie sur la beauté des équipages et des toilettes, dîne sur l'herbe en famille et s'en retourne presque toujours à Paris une fleur à la boutonnière et un rameau dans la main. Quelques piétons, parmi lesquels je dois citer l'étudiant, viennent s'étendre mélancoliquement sur la mousse pour lire le roman nouveau. Certains rentiers des Champs-Élysées et de la Nouvelle-Londres ne lisent leur journal qu'au Bois de Boulogne. Je connais un monsieur qui vient tous les jours au Bois, à pied, pour faire promener son chien
Source : Gallica

Édouard Gourdon Physiologie du Bois de Boulogne (1841)

On s'agite dans cette immense arène plus encore qu'autrefois au cirque et à l'hyppodrôme ; on se montre pour se faire admirer, pour critiquer, on est critiqué
à sou tour; on rit et l'on médit; les voitures se croisent et s'étudient ; les chevaux hennissent et galoppent; la foule se heurte, se presse, s'étouffe quelquefois: tout cela se passe entre le Bois et la place de la Concorde, par un soleil plus ou moins beau, mais souvent au milieu d'un épais tourbillon de poussière.
Source : Gallica

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