Résumé

Portrait de Élisée Reclus Élisée Reclus Le Coton et la Crise américaine…

L’Inde, qui vient à peine d’échapper au triple fléau de la guerre, de la famine et de la peste, promet d’être bientôt en pleine voie de reconstitution, et déjà, grâce à la crise américaine, elle a hérité en grande partie du commerce des états confédérés. Quand un peuple, frappé par le fléau des discordes ou de l’oppression, faiblit dans la mission du progrès, un autre peuple, réveillé à l’autre extrémité de la terre par le souffle de la liberté, surgit de son long sommeil et travaille à son tour à l’œuvre de la civilisation.
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L’Angleterre paierait la satisfaction de l’honneur national non-seulement avec les millions de son budget, mais aussi avec la vie de ses travailleurs : le bombardement de New-York incendierait en même temps Liverpool, tant les intérêts des deux cités sont solidaires. Certes, si l’hiver de 1861-62 devait être aussi désastreux pour les ouvriers anglais que la guerre le fait craindre, si la faim, le froid, la misère sous toutes ses formes, devaient décimer la population, quelle sanglante ironie serait la fête du travail à laquelle la puissante Angleterre conviera bientôt le monde entier !
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Néanmoins la guerre, les privations de toute espèce, la crainte de l’avenir, les menaces faites par le nord au sujet de l’émancipation des noirs ont rempli leurs cœurs d’assez de haine pour qu’ils puissent se priver spontanément des ressources obtenues en trafiquant avec l’ennemi. Plutôt que de laisser tomber leur coton au pouvoir des Yankees, ils le détruiront eux-mêmes, ils incendieront leurs plantations de leurs propres mains, et reformeront autour des envahisseurs une nouvelle frontière hérissée de fusils et de canons.
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