Résumé

Évariste Bavoux Les causes de la guerre, solution à la crise actuelle (1871)

Notre patriotisme nous impose, disions-nous, le rôle ingrat de la vérité. Nous la dirons, en effet, telle qu'elle nous apparaît du moins, et doive-telle être sévère et impopulaire aujourd'hui.
La France, selon nous, n'a pas d'ennemi plus redoutable pour elle qu'elle-même. Sa soif ardente de mouvement, d'agitation, de changement de résolution, la ronge et la dévore. Cet insatiable appétit, caractérisé par ce trivial dicton : « Ote-toi de là, « que je m'y mette, » est d'une odieuse vérité sociale. C'est comme un chancre qui épuise ses forces.
Source : Gallica

Évariste Bavoux Les causes de la guerre, solution à la crise actuelle (1871)

L'empire de Napoléon III, né, comme Minerve, tout armé de la pensée et de la volonté nationale, a, pendant vingt ans, tenu parole à son origine. Fort et modéré, il a montré tout à la fois l'énergie et la sagesse du sentiment populaire qui l'avait créé. Vingt ans de règne ont doté le pays de bien-être, de prospérité, de sécurité, de grandeur, d'une vraie liberté, et de gloire. La religion était honorée. Pendant vingt ans, pas une émeute, pas un nuage n'a troublé le cours de nos heureuses destinées.
Source : Gallica

Évariste Bavoux Les causes de la guerre, solution à la crise actuelle (1871)

Ainsi en est-il du pays lui-même, dans l'opinion du moins de ceux qui, pour obtenir une popularité fausse et frelatée, l'appellent la grande nation, caressant ses faiblesses, atténuant ses torts, dissimulant ses fautes.
C'est, selon nous, un déplorable système : on peut être et l'on est animé d'un patriotisme d'autant plus énergique qu'on rend justice aux qualités sans cacher les défauts. On peut aimer le peuple et ses représentants, comme on peut aimer le gouvernement de son pays et son pays, tout en leur parlant avec franchise et sévérité.
Source : Gallica

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