Dona Cruz

Définition et enjeux

Paul Féval Le Bossu

La mélancolie douce était pour dona Cruz, d’ordinaire si pétulante et si hardie. — Un éclair de jalouse passion jaillissait des yeux d’Aurore.
— Toi !... ma rivale !... murmura-t-elle.
Dona Cruz l’attira vers elle malgré sa résistance et la baisa :
— Il t’aime, dit-elle à voix basse ; — il t’aime et n’aimera jamais que toi...
— Mais toi ?...
— Moi, je suis guérie... Je puis voir en souriant, sans haine, avec bonheur, votre mutuelle tendresse... Tu vois bien que ton Lagardère est sorcier !
— Ne me trompes-tu point ? fit Aurore.
Dona Cruz mit la main sur son cœur.
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Paul Féval Le Bossu

Le masque tomba, et l’espiègle visage de dona Cruz se montra parmi les frais chiffons.
— Flor ! s’écria Aurore ; est-il possible !... Est-ce bien toi ?
Dona Cruz, légère comme une sylphide, vint vers elle les bras ouverts. On échangea de légers et rapides baisers de jeunes filles. Avez-vous vu deux colombes se becqueter en jouant ?
— Moi qui justement me plaignais de n’avoir point de compagne, dit Aurore ; Flor ! ma petite Flor ! que je suis contente de te voir !...
Puis, saisie d’un scrupule subit, elle ajouta :
— Mais qui t’a laissée entrer ? J’ai défense de recevoir personne.
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Paul Féval Le Bossu

Dona Cruz mit la main sur son cœur.
— Que dirai-je ?... fit-elle.
— Vous n’avez rien à cacher des misères de votre enfance... rien, entendez-vous... vous n’avez rien à dire, sinon la vérité... la vérité tout entière.
Il souleva une draperie derrière laquelle était un boudoir.
— Entrez ici, dit-il.
— Oui, murmura la jeune fille ; — et je vais prier Dieu... pour ma mère !
— Priez, dona Cruz, priez... cette heure est solennelle dans votre vie.
Elle entra dans le boudoir. La draperie retomba sur elle après que Gonzague lui eut baisé la main.
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