Jean Rameau

Élements biographiques

Jean Rameau,  Moune (1890)

“ Alors Mariotte devint triste. Elle avait un cœur de demoiselle et s'apitoyait sur toutes sortes de choses, sur les bêtes, sur les gens, sur les malheureux de la création. Avec le temps, sans doute, elle deviendra une paysanne sérieuse comme les autres. Mais, au couvent, elle avait appris à plaindre les infortunés, à s'intéresser au malheur du prochain. Monique, dont elle riait autrefois comme les camarades, lui mettait une pitié profonde dans l'âme. Sous les yeux ébahis de Poulicat, Mariotte embrassait sa sœur aînée, de temps en temps, sans le moindre motif, ce qui exaspérait la bossue. ”
Source : Gallica

Jean Rameau,  Yan

“ Un grand bruit, cela fit un grand bruit dans la forêt; les feuilles crépitèrent sous les plombs. L'écho, très loin, appela plusieurs fois: «Florence!» et fit entendre plusieurs fois une détonation. Emile haletait. Il ne vit rien d'abord, rien que de la fumée. Et ses yeux se dilatèrent; les veines de son cou se gonflèrent sous sa peau. La fumée se dissipa. Mais Emile ne vit rien encore, rien qu'un tohu-bohu de choses qui dansaient: des feuillages, des troncs, des racines, une grande sarabande végétale. Et, dans sa poitrine, son cœur tonnait avec fracas. ”
Source : Gutenberg

Jean Rameau,  Moune (1890)

“ Cadetine sortit.
La porte, en s'ouvrant au fond, laissa voir un carré de ciel limpide, poli comme une faïence. Il faisait clair de lune.
Justin sortit à son tour. Cadetine n'était pas rentrée.
Comment? Ce n'est pas une illusion? L'on permet ces choses-là? Et personne ne se lève pour...
Non, Mariotte ne se leva pas; Mariotte ne dit rien de cela; elle resta à sa place, elle eut même la force de sourire à une
brave femme qui lui racontait une grosse plaisanterie.
Mon Dieu! c'est donc faux que la souffrance tue ! pensa-t-elle, en sentant des pleurs venir sous ses paupières.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature