L. Baudens Une Mission médicale à l’Armée d’Orient…

C’est de Crimée que nous vient la contagion, mais elle se développe en même temps dans nos hôpitaux. C’est une vérité qui n’est pas assez reconnue, et dont il faut se bien pénétrer. Or la contagion, nous allons à notre tour la transmettre aux navires chargés des évacuations; elle se développera en route; elle atteindra les marins des équipages, dans quelles proportions, Dieu seul le sait ! Nous la sèmerons dans tous les hôpitaux qui pourront recevoir nos typhiques; nous l’importerons en France. Il faut éviter l’embarquement pour la France de tout homme atteint de typhus...
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L. Baudens Une Mission médicale à l’Armée d’Orient…

L’ennemi le plus terrible qu’aient eu à combattre les médecins de l’armée d’Orient a été la pourriture d’hôpital. Ce fléau naît, comme le typhus, du méphitisme concentré et prolongé, si difficile à éviter dans les armées stationnaires étroitement cantonnées ; il survient spontanément, se propage par l’air et envahit les plaies. Tant que les plaies ne sont pas entièrement cicatrisées, il faut le redouter. Que de fois de pauvres blessés touchant au terme de leur guérison, se préparant à retourner dans leur famille, ont péri victimes de la pourriture d’hôpital !
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L. Baudens Une Mission médicale à l’Armée d’Orient…

Pour faire une amputation, une ligature artérielle, les règles sont connues, établies d’avance. Cent fois il a pu s’exercer à l’amphithéâtre, et gagner une certaine habitude de main pour des opérations toujours semblables. Sur un champ de bataille, la variété et la multiplicité des projectiles, le jeu de la mitraille, produisent à chaque instant un ensemble imprévu de blessures plus affreuses les unes que les autres. Ici plus de règles tracées, tout est à improviser ; il faut s’ingénier vite et bien pour arrêter la vie, qui s’échappe à travers la plaie.
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