Résumé

L. Baudens Une Mission médicale à l’Armée d’Orient…

Pour faire une amputation, une ligature artérielle, les règles sont connues, établies d’avance. Cent fois il a pu s’exercer à l’amphithéâtre, et gagner une certaine habitude de main pour des opérations toujours semblables. Sur un champ de bataille, la variété et la multiplicité des projectiles, le jeu de la mitraille, produisent à chaque instant un ensemble imprévu de blessures plus affreuses les unes que les autres. Ici plus de règles tracées, tout est à improviser ; il faut s’ingénier vite et bien pour arrêter la vie, qui s’échappe à travers la plaie.
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L. Baudens Une Mission médicale à l’Armée d’Orient…

L’ennemi le plus terrible qu’aient eu à combattre les médecins de l’armée d’Orient a été la pourriture d’hôpital. Ce fléau naît, comme le typhus, du méphitisme concentré et prolongé, si difficile à éviter dans les armées stationnaires étroitement cantonnées ; il survient spontanément, se propage par l’air et envahit les plaies. Tant que les plaies ne sont pas entièrement cicatrisées, il faut le redouter. Que de fois de pauvres blessés touchant au terme de leur guérison, se préparant à retourner dans leur famille, ont péri victimes de la pourriture d’hôpital !
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L. Baudens Une Mission médicale à l’Armée d’Orient…

Après la prise de Sébastopol, on allait voir pieusement ces grottes peuplées de souvenirs lugubres ; on se montrait la litière de paille encore sanglante où s’agenouillait le chirurgien pour extraire une balle ou arrêter une hémorrhagie. Qui dira jamais tout ce qui s’est passé là de triste et d’émouvant ? Dans ces ambulances de tranchée, les plaies béantes, les membres brisés recevaient le premier pansement ; le sang qui s’échappait en abondance était contenu par des moyens hâtifs ; beaucoup n’entraient que pour mourir, après de navrantes agonies, avec un courage héroïque
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