Résumé

A. le Bratz Revue des Deux Mondes

Ces futurs Deweys n’ignorent pas qu’à cette minute critique leur pays n’a proprement que sa marine sur qui compter, qu’ils sont, par conséquent, son premier, son plus immédiat espoir. La fierté qu’ils en éprouvent a des façons, tour à tour ingénues et touchantes de se traduire. Dès qu’ils sont en possession de leurs diplômes, ils commencent par les brandir joyeusement, comme de grands enfants qu’ils sont, puis, rentrés à leur place, ils ne se cachent pas pour les baiser avec piété, comme de grands croyants qu’ils sont aussi : toute l’Amérique est dans ces deux gestes.
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A. le Bratz Revue des Deux Mondes

Ils sont fiers de se proclamer citoyens de la libre Amérique, malgré les cicatrices, encore douloureuses après plus d’un demi-siècle, qu’a laissées au cœur de beaucoup d’entre eux la guerre de Sécession ; mais la chose dont ils se font gloire par-dessus tout, dans l’intimité, c’est d’avoir de l’autre côté de l’Océan, à l’ombre de nos clochers de l’Ouest ou du Sud-Ouest, des tombes d’ancêtres authentiques sur lesquelles s’aller agenouiller, chaque fois qu’il leur arrive de passer la mer.
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A. le Bratz Revue des Deux Mondes

Car Annapolis est amphibie. Très enfoncée à l’intérieur, on jurerait, quand on l’aborde de Washington, une ville agreste : une campagne onduleuse et boisée l’enveloppe, la cerne ; en été, elle y disparait quasiment, noyée dans l’épaisseur des feuillages. Et, néanmoins, elle est en communication avec l’Océan par un de ces bras, un de ces multiples tentacules que la Baie Chesapeake, — assez analogue, dans de plus vastes proportions, à notre Golfe du Morbihan, — insinue au cœur de l’arrière-pays marylandais.
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