Résumé

Portrait de Adolphe de Lescure Adolphe de Lescure Rivarol et la société française pendant la Révolution et l'émigration… (1883)

Mais sur madame de Staël, Necker, La Fayette, le duc d'Orléans lui-même, sa malignité l'emporte au delà des bornes; il frappe plus fort que juste, et ne touche qu'un côté du personnage qu'il a visé tout entier. Tout le reste lui échappe. Or l'ironie est une arme qui ne veut pas de demi-blessure, et ne doit porter que des coups mortels ; l'adversaire qu'on n'achève pas semble une victime. Dans ces avis passionnés de Rivarol sur ses contemporains les plus engagés dans la Révolution, on sent moins ce qu'ils ont de juste et qui fait sourire, que ce
qu'elles ont de faux, et qui fait protester.
Source : Gallica

Portrait de Adolphe de Lescure Adolphe de Lescure Rivarol et la société française pendant la Révolution et l'émigration… (1883)

A des passions nouvelles, il faut un genre nouveau et excessif comme elles. Nous n'en sommes plus aux chefs-d'œuvre de la raison ou de l'ironie; nous en sommes aux triomphes brutaux de l'injure, à l'art cruel de la calomnie, à l'escrime tour à tour perfide et violente de la diffamation. Dans ce genre encore, tout inférieur qu'il fût, dans cette mêlée vulgaire, Rivarol trouva moyen d'obtenir quelques-uns de ces succès qui violent l'anonyme, mais qui se jugent eux-mêmes par cette pudeur qui empêche de les avouer, par cette crainte qui empêche de s'en vanter.
Source : Gallica

Portrait de Adolphe de Lescure Adolphe de Lescure Rivarol et la société française pendant la Révolution et l'émigration… (1883)

Et savez-vous pourquoi vous n'êtes pas une femme comme une autre? C'est que vous êtes bonne, quoique bien des gens ne le croient pas. C'est que vous êtes simple, quoique vous fassiez toujours de l'esprit, ou plutôt que vous le trouviez tout fait. C'est votre langue; on ne peut pas dire que l'esprit est dans vous, mais vous êtes dans l'esprit. Vous ne courez pas après l'épigramme; c'est elle qui vient vous chercher. Vous serez, dans cinquante ans, une madame du Deffand pour le piquant, une madame Geoffrin pour la raison, et une maréchale de Mirepoix pour le goût.
Source : Gallica

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