Alfred Jarry

Alfred Jarry

Résumé

Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry,  L’Amour absolu

“ L’Enfant ne dort pas, mais Miriam.
Et de la crèche ou du lit nuptial, si haut ou si bas — mais Joseph ne l’entend pas — s’élève une voix formidable, en réponse à celle de la petite Miriam, qui soupire :
— Maître...
Avec un temps très long entre chaque syllabe de ses paroles, intuition de parler à l’Éternité, inconscience de la durée, ou le temps de les remonter du puits des morts.
— Voulez-vous m’ordonner de replier mon bras ? Je suis couchée sur mon bras, et j’aurai des fourmis.
— Mère, pourquoi me parles-tu avec un respect infini ? Tu m’as mis cette nuit au monde.
”
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Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry,  L’Amour absolu

“ Emmanuel Dieu savait si bien que par le meurtre de Varia (meurtre plus réel que la radiation de l’univers selon la chair, l’expulsion hors de l’Absolu — à tout le poignard qui est l’épée de feu de l’Ange qui ferme les Paradis...) il n’avait pas tué Miriam !
Au contraire.
La vraie Miriam était en dehors de Varia.
De sa fenêtre ouverte au silence jaune, par-dessus les platanes et l’amphithéâtre des maisons de Lampaul, il contempla, sur la colline au-dessus de tout, la statue de l’Itron-Varia.
”
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Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry,  L’Amour absolu

“ Joseb et Varia sont au lit.
Une aube se levant dans sa fiole blonde (le blond le plus pâle est du cristal vide) , le notaire, la barbe longue des fourrures de l’ivresse, a titubé hors de l’étude vers cette fiole plus sombre, sa femme.
Il n’est pas beau à voir, mais Varia ne le voit pas.
Elle s’est endormie à l’ordre du cartel.
Joseb croit ses yeux clos du spasme que ses baisers conseillent.
Et que semble prouver la contracture des membres, qui enlacent son cou d’une striction inexorable.
Le vieux Sindbad oscille plus comme un pendu que comme un ivrogne.
”
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