Alfred Jarry

Alfred Jarry

Résumé

Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry,  La Revue blanche

“ Et je t’en combinerai un philtre, insoupçonnable et irrésistible, d’amour pour le dieu d’amour lui-même, si la faveur du dieu mûrit ma vendange !
— C’est bien long : le dieu sera mort, ou je serai devenue amoureuse d’un homme ou d’un âne, et mon amour à moi n’attend pas de saison, dit Messaline.
— Tu peux dissoudre l’artemisia, un jour et une nuit, dans l’eau de pluie salée, et c’est cette même absinthe dont une coupe, en nos antiques fêtes du Latium, était le prix suprême des courses de quadriges au pied du Capitole, le prix au-dessus de la couronne d’or !
”
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Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry,  La Revue blanche

“ Messaline se tourna, sur sa couche, vers le médecin :
— Un philtre serait-il plus efficace que des verges et du sang à contraindre à l’amour celui qui n’aime que soi-même, ainsi que la vierge Artémis dédaigne tout le ciel pour recourber l’une vers l’autre ses deux cornes ? Je suis sûre à présent que c’est un dieu qui me possède et non un histrion esclave que j’ai fait battre ! Sais-tu conjurer les dieux, médecin ?
— Artémis, dis-tu ? dit Valens, sans presque s’interrompre de boire. Artemisia, l’absinthe, est un philtre elle-même.
”
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Portrait de Alfred Jarry Alfred Jarry,  La Revue blanche

“ La cellule est plus exiguë que la plus inconfortable et moderne cabine de bains : pour tout meuble, un banc profond de pierre, moins long qu’un corps étendu, et qui rampe de l’un à l’autre mur, sous un matelas rouge.
Et là se posa Messaline, et il vint un homme d’abord, et elle se coucha sur le côté gauche, les genoux unis et repliés, et les jambes velues de l’homme, lourdes de chaussures de fer, épousèrent le creux de ses jarrets ; et comme il lui mordait la nuque, pour chercher sa langue entre ses dents elle tourna la tête à droite.
”
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