Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ La salle du festin demeura déserte ; la clarté des lampes, en s’affaiblissant, jetait de mystérieuses lueurs sur Soliman pâle, les yeux ardents, la lèvre frémissante et décolorée. Une langueur étrange s’emparait de lui : Balkis le contemplait avec un sourire équivoque. Tout à coup il se souvint... et bondit sur sa couche. — Femme, s’écria-t-il, n’espérez plus vous jouer de l’amour d’un roi... La nuit nous protège de ses voiles, le mystère nous environne, une flamme ardente parcourt tout mon être ; la rage et la passion m’enivrent. ”
