Résumé

André Bonnin Étude critique de la notion de saisine… (1899)

C'est ainsi que succéder à un patrimoine c'est, en fait, recueillir les biens extérieurs laissés par le défunt, et formant une masse partageable ; toute idée de continuation de personnes est fictive ; — succéder devient un mode d'acquérir issu des besoins économiques et réglementé par la loi.
Comment cette transmission s'opère-t-elle?
C'est là tout le problème de la saisine.
Dans notre droit actuel, la transmission d'une hérédité s'opère « ipso jure » dès le décès, à l'insu même du titulaire, qu'il soit appelé par la loi ou par la volonté du testateur.
Source : Gallica

André Bonnin Étude critique de la notion de saisine… (1899)

Parce qu'en toutes circonstances et dans la crainte d'un procès il faut d'ores et déjà dire à qui sera donnée la possession, à qui reviendra le rôle favorable de défendeur. Le législateur toujours imbu des droits de parenté a désigné le représentant du défunt, l'héritier du sang. Il n'est pas douteux, dit Bigot-Préameneux que le défunt peut se choisir un successeur étranger, mais ce qu'il a droit de faire, l'a-t-il fait réellement? Jusqu'à l'envoi en possession on ne peut le savoir, et durant ce temps il faut un possesseur !
Source : Gallica

André Bonnin Étude critique de la notion de saisine… (1899)

Il ne faut pas oublier que, quelle que soit l'obscurité de la Saisine, à quelque époque qu'on la fasse remonter, on est d'accord pour voir en elle une transition, dans le mode de transfert des propriétés, en remplaçant par une fiction ce qui, à tort ou à raison, avait été une formalité apparente, crue jusque là indispensable. Mais, de ce que la propriété, pour être parfaite, réclame la jonction de la possession, il ne s'ensuit pas que le transfert de l'une puisse suivre les mêmes règles que l'autre ; des qu'il s'agit de la possession seule, on ne peut plus parler de fiction.
Source : Gallica

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