André Hellé

André Hellé

Résumé

Portrait de André Hellé André Hellé Maman les petits bateaux (1927)

Le plein air balaie le pont, le vent souffle dans la mâture, les gabiers respirent à pleins poumons. Dans les chambres des machines, saturées de vapeurs d'eau et de charbon, on étouffe.
La marine à voiles, c'est le ciel, le grand large. Les soutes et la chaufferie d'un navire à vapeur où, nus jusqu'à la ceinture, des hommes que l'on entrevoit à peine à travers l'épaisseur des buées et des poussières noires, travaillent sans relâche, pour alimenter les foyers qui réclament sans cesse leur part de combustible, c'est l'enfer.
Source : Gallica

Portrait de André Hellé André Hellé Maman les petits bateaux (1928)

Aucun de ces galériens ne devait jamais recouvrer sa liberté, excepté celui qui, le jour du lancement d'un vaisseau, s'offrait à scier la pièce de bois qui maintenait le navire dans ses cales.
Accroupi devant la masse encore inerte, le misérable accomplit la besogne qui lui vaudra la liberté ou la mort.
Le dernier coup de scie est donné : le navire se met en mouvement et glisse vers l'eau; sa vitesse s'accélère, il passe devant les tribunes aussi rapidement qu'un cheval au galop et les cales prennent feu à son frottement.
Source : Gallica

Portrait de André Hellé André Hellé Maman les petits bateaux (1928)

TORPILLEURS ET SOUS-MARINS
Dans la forêt sombre qui domine la mer, les arbres se penchent sur la ville. Tout autour des vastes chantiers de construction, les cheminées fument, les forges halètent; dans les cales sèches, les tôles résonnent sous les coups brutaux des marteaux qui enfoncent des rivets.
Les arbres murmurent :
— C'est maintenant le siècle du fer, grogne un vieil ormeau.
— On nous humiliait déjà, depuis quelque temps, en nous recouvrant de plaques de cuivre, soupira un chêne.
Source : Gallica

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