Résumé

Anonyme Oraison funèbre de très-haute et très-puissante Dame… (1784)

Il est dans la bonne ville de Paris, dans cette capitale de la noble France, un temple consacré à Vénus, école des talents, du goût et des plaisirs, où de jeunes prêtresses sont formées aux arts aimables qui peuvent émouvoir les sens et les séduire.
Les unes charment l’oreille en célébrant les louanges de leur déesse ; d’autres par des danses passionnées, en rappellent les aventures, en peignent les situations les plus voluptueuses ; toutes s’efforcent à l’envi d’allumer dans tous les cœurs ce beau feu, âme de l’univers, qui tour à tour le consume et le reproduit.
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Anonyme Oraison funèbre de très-haute et très-puissante Dame… (1784)

« Comptez pour rien tous les jours que vous n’aurez pas consacrés au plaisir. Qu’importe qu’ils soient longs, s’ils ne sont pas remplis !
« Croyez-nous, cher rejeton de notre amour ; nous n’avons point d’intérêt de vous tromper en ce moment.
« Puisse cette maxime être à jamais gravée dans votre cœur ! Puisse-t-elle vous être rappelée sans cesse par l’image de notre mort ! »
À ces mots, les dignes parents de l’incomparable Justine ramassent leurs forces, ils s’entrelacent ; leurs âmes s’unissent, et ils expirent.
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Anonyme Oraison funèbre de très-haute et très-puissante Dame… (1784)

Puissé-je mériter la mort de l’héroïne que nous célébrons ! Puisse mon âme, comme la sienne, s’écouler avec ma subsistance toute fondue, pour ainsi dire, en torrent de volupté !
Je n’exige pas ces souhaits de vous, mes chères filles ! si l’espoir d’une mort glorieuse fait les héros, l’espérance de l’éviter soutient le commun des guerriers. C’est cette espérance qui doit vous animer, mes chères filles.
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