Résumé

Berthelot Brunet Le mariage blanc d’Armandine

Au déjeuner, Berthe remarqua cet air abattu, ces yeux gonflés :
— Vous travaillez trop, papa.
— Faut bien, notre vie n’est pas gagnée, fit madame Godin.
Dans la rue, il rencontra un voisin :
— Vous vieillissez, monsieur Godin.
— C’est la vie, monsieur Ménard.
Et, lorsqu’il revint de sa retraite, Maurice, qui avait de ses confidences, m’avoua cyniquement :
— Si au moins, monsieur Robert m’avait ressemblé, je pourrais avoir un but dans la vie. Monsieur Robert m’aiderait... Il fallait que ce soit cette gauchère de Berthe qui est incapable de profiter de quoi que ce soit.
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Berthelot Brunet Le mariage blanc d’Armandine

Elle valait ce que valent les théories des autres, on va le voir, la théorie de Thibaut, ou celle d’Arpin. Du couloir où il bricolait, je l’entendais :
— Ne viens pas, je n’en ai que pour une minute...
Duprat me tutoyait, comme il tutoyait tout le monde, habitude qu’il avait prise avec celle de parler d’un ton rude : « Quand on dit vous aux fous », me confia-t-il, « ils n’écoutent pas, ils sourient. Tu ne sais pas comme les fous sont cérémonieux entre eux. Et, alors, si je leur disais vous, ils me croiraient leur égal, quelqu’un d’entre eux, et adieu mon prestige ! »
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Berthelot Brunet Le mariage blanc d’Armandine

Parce que, vous en souvient-il ? monsieur Lapointe était pieux, et mademoiselle Bernard, de même. Ils avaient beau se hâter, ils avaient toujours l’air en retard. Curieux comme les êtres qui vivent en avant sont toujours en retard.
Je dis que monsieur Lapointe vivait en avant, non parce qu’il avait l’esprit progressif : personne ne s’en tenait comme lui aux vieilles traditions, c’était la tradition faite vieux garçon. Il vivait en avant parce qu’il prévoyait. Et prévoir, pour lui, c’était vous dire : « La vie est chère ! le beurre a encore enchéri. »
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