Résumé

Brieux Revue des Deux Mondes

GIBOYER. — Parbleu ! Deux et deux font quatre ; le règne de l’arithmétique est arrivé, comme il arrivera dans tous les pays où il n’y a rien au-dessus du capital.
LE MARQUIS. — Vous parlez d’or, jeune Pic !
GIBOYER. — Le capital ! Voilà le principe délétère et envahissant. Voilà l’ennemi qu’une société doit combattre et réprimer.
VERNOUILLET ! — Réprimer le capital ! Es-tu fou ? Et la prospérité du pays ?
GIBOYER. — La santé morale passe avant la santé financière. D’ailleurs, n’aie pas peur que l’argent se décourage : il est comme la vertu, il porte sa récompense en lui-même.
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Giboyer parle du peuple sans le connaître, sans l’aimer, et, par conséquent, il en parle mal. Il n’est plus du peuple et n’est pas de la bourgeoisie. Il a toutes les tares des métis. Il est sans conscience, sans probité, il se vante de ses vices, et cache, sous une incessante ironie la bassesse de ses pensées. Il croit que l’honneur coûte cher ; il se trompe ; on l’a pour rien lorsqu’on se contente du rôle qu’on peut remplir. Il y a plus de dignité à faire le métier de concierge, si on le fait de son mieux, qu’à être un insulteur à gages, même avec beaucoup de talent.
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Il est un bourgeois, il défendra donc la bourgeoisie. Or, l’essence de la bourgeoisie étant la famille, c’est la famille qu’il défendra, contre ses ennemis, l’amant et la courtisane, et contre ses dissolvants, l’argent et la vanité. Il luttera contre l’amour corrompu et contre l’argent corrupteur. Il sera la voix de l’honnêteté moyenne : « Le théâtre, dira-t-il lui-même, consiste à être l’écho retentissant des chuchotements de la société, à formuler le sentiment général encore vague, à diriger l’observation confuse du plus grand nombre [1] . »
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