“ Vernouillet. J’ai les défauts de mes qualités : Si je suis un ami à toute épreuve, je suis un ennemi implacable. — Pourquoi la marquise a-t-elle choisi la guerre, quand je lui offrais la paix ? Charrier. N’importe ! Cela me fait beaucoup de peine. C’est une femme pour qui j’avais le plus grand respect. Vernouillet. Vous aviez... Donc vous n’avez plus. Charrier. J’ai toujours... Mais enfin... Vernouillet. Mais enfin... vous ne permettrez plus sa fréquentation à mademoiselle votre fille. Charrier. Sa liaison étant percée à jour, il est certain que les rapports deviennent... ”
Vernouillet
Définition et enjeux
Citations sur “Vernouillet”
“ M. Vernouillet. Henri. Commençons par obtenir le désistement de ce galant homme. Scène VI HENRI, VERNOUILLET, le bras en écharpe.Henri. Ah ! ah ! vous apportez l’étrenne de votre écharpe à ma sœur ? C’est fort galant. Vernouillet. Mon seul but est de la rassurer sur cette égratignure. Henri. Si nous profitions de son absence pour causer un peu de choses et d’autres ? Vernouillet. Je serai charmé de faire plus ample connaissance avec mon futur beau-frère. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 janvier 1861
“ L’expédient d’Henri n’est pas heureux, et il ne sert de rien dans la pièce ; il y renonce bien vite, et il a raison de ne pas insister. La scène du bal où la marquise persifle Vernouillet, qui l’a fait insulter dans son journal, et se dresse en face de lui dans toute sa dignité de femme, lorsque Vernouillet essaie de payer d’effronterie et d’insolence, est d’un heureux effet. Il y a vraiment de la noblesse dans le mot de cette femme acceptant publiquement la condition que la vie lui a faite : « Lâche, vous insultez une femme que personne n’a le droit de défendre. » ”
“ Vernouillet. En quoi donc épouvantable, madame ? La Vicomtesse, minaudant. Fi ! vous avez été féroce pour cette pauvre marquise. Votre histoire du Chien compromettant est une abomination. Vernouillet. Ah ! ne m’en parlez pas ; je suis au désespoir ! L’article a passé à mon insu. Charrier, à part. À la bonne heure ! La Vicomtesse. Bon apôtre ! Avec tout cela, la pauvre femme n’ose plus se montrer ; elle n’est pas venue ce soir, et en vérité j’en suis presque bien aise ; sa présence serait un embarras pour tout le monde. Ah ! il ne fait pas bon être de vos ennemis. Vernouillet. ”
Léopold Lacour,
Trois théâtres : Émile Augier, Alexandre Dumas fils…
(1880)
“ Outil vénal, d'ailleurs, dont Vernouillet vend les services au plus offrant et dernier enchérisseur. Vernouillet est une puissance, et sa puissance est telle, qu'il y a des moments, parole d'honneur, où elle l'épouvante. Un ministre lui écrit qu'il est un caractère ; il peut désormais prétendre à tout, les portes des salons lui sont ouvertes ; il demande la main de Clémence, la fille d'un gros financier, et Charrier la lui accorde. Il passe, il est vrai, de mauvais quarts d'heure : la morale outragée le cingle de sa cravache ; il est châtié par la marquise et par le marquis d'Auberive ”
“ Vernouillet. Je commencerai dès aujourd’hui. Charrier. C’est cela... Ah ! diable, non ! N’allons pas si vite, nous gâterions tout. Il vous faut d’abord gagner mon fils Henri, qui a beaucoup d’influence sur sa sœur et qui n’est pas très bien disposé pour vous, je ne vous le cache pas. Vernouillet. Soyez tranquille ; je me charge de lui, et ce sera bien le diable si je ne l’oblige pas à me remercier. Ceux que je ne tiens pas par l’intérêt, l’ambition ou la vanité, je les tiens par leurs plaisirs, et ce ne sont pas ceux que je tiens le moins. ”
Alleaume, Brie, Ile-de-France, Orléanais… (1883)
“ III. Louis ALEAUME, écuyer seigneur de Verneuil et de Vernouillet, conseiller du roi, lieutenant général et président aux bailliage et siège présidial d'Orléans, rendit foi et hommage, en qualité de fils aîné et principal de noble homme Etienne ALEAUME, seigneur de Verneuil et de Vernouillet, dudit fief de Vernouillet, à frère Renaut de Dampont, « religieux enfermier de Saint-Denis, en date du dimanche, tiers jour de novembre 1555; » ”
Hippolyte Parigot, Le Théâtre d’hier
“ Il était fatal que Vernouillet devint un type, sans être pourtant composé d’une autre méthode que Pommeau, qui est un caractère. Et l’admirable en cette affaire, c’est précisément l’artiste sobre et scrupuleux qui a réduit l’observation à une parfaite mesure ; qui a dessiné d’une même main précise et attentive la réalité morale et immorale, sans forcer le contraste ni creuser un abîme entre l’un et l’autre ; qui a représenté les honnêtes gens et les vicieux du jour avec même souci de la vérité sans exagération ”
“ Les Joueurs, VERNOUILLET, HENRI.Vernouillet. Monsieur Henri Charrier, je crois ? Henri. Lui-même, monsieur ; et vous ? Vernouillet. Vernouillet. Henri. Fondateur de la Banque territoriale ? Vernouillet. Et directeur de la Conscience publique. Henri. Je ne doute pas que vous ne la dirigiez dans la voie du salut. Vernouillet. Avez-vous lu le feuilleton d’hier sur le nouveau ballet ? Henri. Certainement. Vernouillet. Mademoiselle Taffetas n’y est pas mal traitée. Henri. Beaucoup mieux qu’elle ne mérite. Ce n’est pas une artiste, c’est une simple espiègle. Vernouillet. Tiens ! ”
“ Il paraît bien que le cas n’était pas pendable puisqu’on ne vous a pas pendu... et d’ailleurs l’accueil rogue de ce bon M. Charrier m’a tout disposé en votre faveur. Vernouillet. Ah ! monsieur, je vous jure que mon seul but dans cette malheureuse spéculation était de faire un coup qui me mît à même de rester honnête homme. Le Marquis. En effet, cela ne vaut-il pas mieux pour un garçon de cœur que de passer sa vie à carotter, pour parler la langue de vos salons ? On s’exécute une bonne fois, c’est pénible, mais on n’a pas à y revenir : voilà comme je comprends la probité. Vernouillet. ”
“ Vernouillet. C’est bien ; votre recommandation me suffit. Je ferai entendre sa musique chez moi, et j’inviterai le directeur de l’Opéra. Henri. Ma foi, vous ferez là une bonne action. Vernouillet. On le jouera, je vous en réponds. Si le directeur ne veut pas s’exécuter à l’amiable, je le ferai mettre en demeure par le feuilleton. Henri. D’autant plus qu’il y a de bonnes choses à lui dire. Vernouillet, lui prenant le bras. Voulez-vous faire l’article vous-même ? ”
A. Matthey, Cherchez la femme (1883)
“ M. Vernouillet (Anatole) , employé de commerce, âgé de quarante ans, était un type banal. Ni grand, ni petit, ni gros, ni maigre, ni jeune, ni vieux, ni beau, ni laid, ni spirituel, ni stupide ; – la seule chose qui parût en lui était la fatuité. D'un coup d'oeil, Primborgne l'eut toisé et jugé. Le commissaire de police ayantrepris la direction de l'interrogatoire qu'il avait cédé un instant à l'agent de la sûreté, – M. Vernouillet (Anatole) déclara qu'il était sorti, la veille, vers neuf heures du soir, et qu'il était rentré seulement à trois heures du matin. ”
Un diamant à dix facettes. Tome 2 (1838)
“ M. de Verneuil va être ici dans un instant, il pourrait vous voir, et tout serait manqué; veuillez donc vous éloigner du salon et entrer dans ma chambre à coucher. Je vous rejoins dans un instant; je vais commencer mon rôle, cela me sera facile : nous autres comédiennes nous apprenons à avoir le sourire sur les lèvres, quand nous avons la mort dans l'âme. Hé bien, vous fiez-vous à moi? — Comme à ma meilleure amie. Mais comment vous exprimer ma reconnaissance pour tant de générosité? — Arrêtez ! madame, c'est encore moi qui vous en devrai ”
Donatien Alphonse François de Sade,
La Nouvelle Justine
“ Les estomacs remplis, et les têtes rallumées, Verneuil, après avoir fait baiser trois fois son cul à l’Éternel, lui demande par quel procédé il croit qu’on peut reprendre un peu de vigueur ? — Par des supplices particuliers, répond l’image divine ; que chacun repasse dans ses cabinets, et qu’il se serve de l’instrument qu’il y trouvera établi. Vous, Gernande, emparez-vous de madame de Verneuil ; vous, Verneuil, prenez votre fille Cécile ; que d’Esterval prenne madame de Gernande ; Dorothée passera avec Laurette et Marceline ; Victor, aidé de Constant, s’enfermera avec Justine. ”
Robert de Fauconnet, Sel et poivre : nouvelles (1879)
“ Voici en deux mots le portrait physique et moral du comte de Verneuil. Non loin du castel, et bâtie sur la pente légère d'une petite colline, se voyait une jolie maisonnette en briques rouges, habitée par un vieux brave homme, ancien militaire et par sa fille Louise, charmante - enfant de dix-huit ans, d'une rayonnante beauté, grande, mince, rondelette pourtant, les épaules larges, les pieds cambrés. ”
Honoré de Balzac,
La Comédie humaine - Volume 13
“ Au premier regard que mademoiselle de Verneuil jeta autour d’elle, tout lui parut avoir changé. La mort se glissait déjà dans son amour. Ce n’était peut-être que des nuances ; mais aux yeux de toute femme qui aime, ces nuances sont aussi tranchées que de vives couleurs. Francine avait compris, par le regard de Marche-à-terre, que le destin de mademoiselle de Verneuil sur laquelle elle lui avait ordonné de veiller, était entre d’autres mains que les siennes, et offrait un visage pâle, sans pouvoir retenir ses larmes quand sa maîtresse la regardait. ”
Charles Merki, La marquise de Verneuil (Henriette de Balzac d'Entragues… (1912)
“ Je crois, écrivait Mme de Verneuil, que vous serez aussi étonné que moi des furies de notre mère, qui semble avoir le vent de ce qui se passe et dont les piques qu'elle a avec M. d'Entragues me font croire que vous lui avez dit quelque chose. C'est à vous d'y mettre ordre et de ne plus vous amuser aux cajoleries du monde, puisque le temps nous surprenant, il ne serait plus à propos d'y remédier. Il faut une retraite solide ; c'est le seul bien de mon être, lequel je connais et où je me veux attacher. ”
Azarie Couillard Després, Autour d’une auberge
“ Madame, dit à son tour Rougeaud, il faut avouer que M. de Verneuil ne voit les choses que sous leur plus affreux aspect. Il ne dit pas qu’un tout petit coup donne du cœur, égaie, donne de la façon et fait oublier le chagrin. ”
“ C’était la première fois qu’elle trahissait son état d’âme véritable à l’égard de Verneuil. Jusque-là, quoique toujours en sacrifiée, elle avait subi sans protester ses hommages jaloux. Elle y répondait avec un si complet abandon de sa volonté, c’est-à-dire que — grâce à une diplomatie et à une héroïque abnégation de chaque jour — elle réussissait à si bien se meurtrir le cœur que rien de ses actes, ni de son attitude, ni de ses pensées, ni le temps lui-même, n’était parvenu à démentir, même aux yeux des siens, l’apparente sympathie qu’elle semblait manifester pour Verneuil. ”
André Theuriet,
Michel Verneuil
(1883)
“ La lumière ruisselait, l'air tremblotait, et des abeilles bourdonnaient autour des deux jeunes gens, dans le fouillis de cytises, d'arbres de Judée et d'acacias en fleurs qui formaient l'enclos de la Chambrerie. Michel Verneuil était devenu l'hôte assidu de madame du Coudray. Il passait chez elle toutes les heures de liberté que lui laissaient ses occupations au lycée. On ne voyait plus que lui sur la route de Saint-Cyr; la belle veuve l'avait accaparé. Il était de toutes les parties de plaisir organisées par la mère et la fille, qui aimaient fort à s'amuser ”
André Theuriet,
Michel Verneuil
(1883)
“ Ainsi, pour Michel Verneuil, elle n'avait été qu'un pis-aller; il était venu vers elle, la bouche encore pleine des protestations d'amour qu'il avait adressées à madame Juliette; il n'avait obéi qu'à un vil calcul d'intérêt, et tandis qu'avec ingénuité elle lui avait ouvert son cœur enthousiaste et débordant de tendresse, il n'avait pas eu honte de jouer pour elle une humiliante comédie. Les amoureuses causeries sous la tonnelle de la Chambrerie n'étaient que des mensonges. ”
Élie Berthet,
Le val-perdu
(1851)
“ M. de Verneuil, votre ami n'auraitil pu attendre au moins mon autorisation pour s'introduire chez moi ? — Excusez-le, monsieur, répliqua Armand avec confusion; peut-être n'a-t-il d'autre intention que de faire une courte visite de politesse; mais si sa présence vous est si désagréable, je le prierai. Seulement, de grâce, n'oubliez pas que c'est un homme de cœur et de sens qui mérite des égards. ”
André Theuriet,
Michel Verneuil
(1883)
“ Tais-toi! répondit madame du Coudray en lui baisant les cheveux, tais-toi, mauvaise enfant, tu te montes l'imagination pour des riens. Dans la vie il ne faut jamais voir les choses par le côté romanesque. Ce monsieur aurait un singulier goût s'il préférait ma maturité à ta jeunesse, et alors il ne serait guère digne de toi. Dans tous les cas, sois bien persuadée que ce n'est pas moi qui l'encouragerai à une pareille folie. Promets-moi d'être prudente et laissemoi chapitrer M. Verneuil. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
La Nouvelle Justine
“ Ici la Gernande, affaiblie de ses trois saignées du matin, chancelle, perd connaissance, tombe en entraînant Justine avec elle, et les voilà toutes deux à terre, nageant dans les flots du sang que leur bourreau vient de faire jaillir. Verneuil coupe aussi-tôt les liens, et, se précipitant sur sa belle-sœur, il a l’art de la rendre à la vie, au moyen du nouveau tourment d’une jouissance, qui, toute naturelle qu’elle est, n’en déchire pas moins cette malheureuse femme, par l’étonnante disproportion qui se trouve entr’elle et son agresseur : Fouettez-moi ! ”
“ Vernier regarda alors autour de lui, et son cœur se serra : le comte se chauffait tranquillement, sans même jeter un regard sur son dévoué serviteur, qui revenait lentement à la vie. — Oh ! murmura Vernier, il n’a pas de cœur !... Et dire que c’est pour lui que tant d’hommes sont morts ; car sans sa funeste ambition, tous seraient encore vivants et heureux. ”
Anonyme, Le Sylphe galant et observateur
“ À peine suis-je introduite dans le cabinet qui m’est accordé, que la voix de Verneuil se fait entendre, et que nous commençons un entretien pendant lequel je me prépare à me plonger dans l’onde. Une légère ouverture que j’avais apperçue dans la cloison, et à laquelle mon amant se tenoit attaché sans que je parusse m’en douter, devait livrer mes charmes à ses yeux enflammés, et dans lesquels mon imagination active me faisait voir l’expression la plus éloquente de l’amour et du desir. ”
Anonyme, Amélie, ou Les Écarts de ma jeunesse (1797-1798)
“ Je tremblais qu’il ne commît cette imprudence ; mais heureusement, il ne le fit point. Nous nous rajustâmes du mieux qu’il nous fut possible, et Verneuil descendit par le petit escalier pour appeler le laquais qui devait protéger ma sortie, comme il avait assuré mon entrée. Son absence ne fut pas longue ; il revint, accompagné de ce laquais, auquel il me remit en m’abandonnant à ses soins. Pour lui, il est présumable, d’après ce qu’on va voir, que n’étant resté dans le boudoir que le temps nécessaire à mon évasion, il était immédiatement sorti, pour n’avoir pas d’explication avec sa femme. ”
Various, L'Illustration, No. 0048, 27 Janvier 1844
“ C'est que l'union de madame Vernillac et de M. Vernillac est d'une légitimité plus que suspecte. «Qu'y manque-t-il? s'écrie Bernais.--Presque rien, réplique la sœur: l'église et la mairie!»A ces mots Vernange se trouble, et madame Vernange pâlit. Quoi donc! seraient-ils tous deux dans une situation analogue? Précisément! ”
Honoré de Balzac,
La Comédie humaine - Volume 13
(1868)
“ Mademoiselle de Verneuil aime le Gars, reprit Corentin d’une voix sourde, et peut-être en est-elle aimée! Un marquis, cordon-rouge, jeune et spirituel, qui sait même s’il n’est pas riche encore, combien de tentations! ”
“ Monsieur Vernet nous surveille. Nous ne flirtons qu’avec des clins d’yeux, des chuchotements, des pressions de bras ou des frôlements de hanches. Nous jouons « à celui qui courra le plus fort ! » J’enlève prestement Madame Vernet quand je l’attrape, et je sens son corps peser sur moi. Elle court mal à cause de ses robes et de ses coudes, et plus on est près d’elle, moins elle court vite. ”
Alphonse André Véran Poujol, Le Château de Verneuil, drame en 5 actes…
“ LOUISE, LUCIE. LUCIE, à elle-même. Ce qui m'arrive me jette dansunétonnement!. il n'est pas possible qu'il existe une pareille ressemblance. Mais Adrien, duc de Verneuil! Je m'y perds. LOUISE. Mon Dieu, mademoiselle, comme vous voilà pensive et rêveuse ! Est-ce qu'on est toujours comme ça quand on va se marier? LUCIE. Louise, dis-moi. Depuis long-temps tu connais le duc? LOUISE. Nous avons été élevés ensemble et nous ne nous sommes jamais quittés. LUCIE, étonnée. Le duc ne s'est jamais absenté de ce château ? ”
