Robert de Fauconnet

Résumé

Robert de Fauconnet Sel et poivre : nouvelles (1879)

Un cri déchirant se fit entendre, et Louise roula sanglante sur le parquet de la chambre; alors, perdant la tête, les yeux hagards, le visage livide et le couteau san-
glant à la main, Pierre se précipita comme un fou dans la direction du château.
Il courut un quart d'heure, puis, s'arrêtant, il trempa sa tête brûlante dans l'eau claire d'un ruisseau et, le calme revenu, il mesura l'étendue du crime qu'il venait de commettre.
— Il n'y a plus à reculer, se dit-il, je tuerai le comte; mais, comme je veux me tuer après, il ne faut pas qu'on puisse m'en empêcher.
Source : Gallica

Robert de Fauconnet Sel et poivre : nouvelles (1879)

Les mesures de rigueur sévissent de plus en plus dans notre beau pays, il faut partir; non pas pour vous, mon père, qui, j'en suis sûr, aimeriez mieux mourir devant l'ennemi et l'épée au poing, mais pour cette pauvre enfant qui est notre seule joie et notre espoir. Refuserez-vous de lui sauver la vie ?
Le comte refusa d'abord énergiquement, mais, entraîné par les paroles brûlantes de son fils, il finit par céder.
— Viens, Hortense, viens, dit le vieillard
attendri, je tournerai le dos une fois en ma vie, mais tu vivras, et Dieu te donnera des jours meilleurs.
Source : Gallica

Robert de Fauconnet Sel et poivre : nouvelles (1879)

Mais ne crains rien, je le tuerai ton châtelain, qui n'a pas craint de venir ici porter la honte et le déshonneur.
— Mais ce n'est pas lui, mon frère, cet enfant n'est pas du comte.
— De qui est-il, alors ?
— Je ne te le dirai pas.
Pierre lui saisit violemment le bras et le serra à le broyer.
— Mais tu veux donc que je te tue ?
fit-il.
Et il tira son couteau.
Louise ne recula point.
— Tuez-moi, si vous l'osez ! dit-elle.
Pierre, éperdu, y vit rouge une seconde; cette seconde lui suffit amplement : il leva le bras qui retomba armé du couteau.
Source : Gallica

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