“ Ce qu’il désirait, c’était une chose due à ses services, la croix de Saint-Louis ; — en général, les honnêtes gens ne désirent que les choses auxquelles ils ont droit ; — désirant la croix de Saint-Louis, l’ayant méritée, il la demande. Alors, on veut lui faire des conditions ; on veut qu’il ne se contente pas de ne point frapper sur les ridicules de la Restauration ; on veut qu’il frappe sur les gloires de l’Empire. Pour qu’un loyal soldat, pour qu’un honnête homme, pour qu’un poëte considérable parmi ses confrères obtienne la croix, il faut qu’il fasse une mauvaise action. ”
Croix de Saint-Louis
Définition et enjeux
Citations sur “Croix de Saint-Louis”
Antoine Marie Chamans La Valette, Mémoires et souvenirs du comte Lavallette… (1831)
“ La croix de Saint-Louis, l'ordre du Saint-Esprit, les gouvernemens, les faveurs de la cour et leur prééminence incontestée sur les plus anciennes familles, leurs noms placés à coté de ceux des Turenne et des Villars, brillaient à leurs yeux d'un éclat qui ne redoutait aucune comparaison, même dans l'avenir. Ces illusions d'enfans, cet égoïsme mesquin , leur fit oublier l'honneur national et la fidélité à leur véritable souverain. Peu de jours ont suffi pour désabuser la plupart d'entre eux. ”
Esprit de MM. de Chateaubriand… (1819)
“ Je le promis ; alors il prit dans son sein la partie émaillée d'une croix de Saint-Louis, dont l'entourage avait été vendu dans sa détresse , et il me dit : « Jurez sur ce signe de l'honneur de lui servir de père ! » Je jurai avec enthousiasme, et je vis briller un dernier rayon de joie sur la figure de l'agonisant. Je remplirai ma promesse; tant que mes bras conserveront de la vigueur, l'innocente créature qui m'a été confiée ne mourra pas de faim. ”
Théodore Anne, M. le Comte de Chambord à Wiesbaden… (1851)
“ La Gazette de Cologne, mal informée d'abord, a prétendu qu'avant d'arriver chez M. le comte de Chambord, les visiteurs mettaient à leur boutonnière le ruban de l'ordre de Saint-Louis. C'est tout bonnement une absurdité. Ordre militaire, la croix de Saint-Louis, fondée par Louis XIV en 1693, entre deux victoires, ne peut être portée par tout le monde. ”
Aperçu sur la révolution de 1815 (1815)
“ On le crut surtout quand on les vit solliciter avec une espèce de folie cette croix de Saint Louis, jusque-là partage consolateur du petit nombre d'hommes qui étaient restés fidèles au Monarque , et qui, par le serment qui y était attaché , avait jusqu'à nos jours été pour les Français le gage assuré de l'honneur. On le crut, lorsqu'on vit le Roi s'entourer des maréchaux et leur dire, avec cette noble confiance d'un fils d'Henri IV : " Messieurs, c'est dorénavant sur vous que reposeront la gloire et la tranquillité de la France. ”
Colette Yver,
Saint Louis, roi de France
(1943)
“ Quant à la chasuble qui était en serge de Reims, cela signifie que la Croisade sera de petit profit ainsi que vous le verrez si Dieu vous donne vie. » Là-dessus, passablement troublé, le chevalier va entendre la messe de l'Annonciation à la Madeleine, puis, de là, se rend directement à la Sainte-Chapelle. Et cette fois, aperçoit saint Louis en chair et en os, monté sur la plateforme, l' « échafaud », ainsi qu'il l'écrit, où se trouvaient exposées les saintes reliques de la Passion : la vraie Croix et la Couronne d'épines entourées de leur riche orfèvrerie ”
Émile Marco de Saint-Hilaire,
L'Hôtel des Invalides
(1841)
“ Il s'estimait très heureux d'avoir obtenu la croix de Saint-Louis, trois ans après. Tant de courage, de galanterie et de sang-froid allaient parfaitement à la physionomie ouverte et aux manières comme il faut de ces vétérans de la gloire française. Le roi lui-même en fit la remarque, et ralentissant le pas pour que tous pussent le suivre, il dit en se retournant du côté de son capitaine des gardes : — Monsieur de Breteuil, nous doutons que jamais roi de France ait été entouré de plus dignes gardes-du-corps ! ”
Placide Levé, Vie de Mme Molé de Champlatreux… (1857)
“ Dieu veut bien éprouver ses serviteurs, mais il ne veut pas les briser; il sait proportionner à leurs forces les croix qu'il leur impose, et il y a dans son calice un mystérieux mélange d'amertume et de douceur. Nous verrons, dans le chapitre suivant, que la Mère Saint-Louis était favorisée de grâces si singulières qu'une seule eût été une compensation suffisante à plusieurs années d'angoisses et d'afflictions. ”
Pierre-René Auguis,
Lettre d'un colonel français à l'honorable et très-révérend lord évêque d'E****
(1815)
“ Mais savez - vous bien ce que c'est que la croix de Saint-Louis, lui dit le duc portant la main à la croix d'officier de la Légion-d'honneur que le colonel avait attachée à la boutonnière de son habit. — Oui, Monseigneur , je le sais ; c'est une croix qu'on donnait autrefois aux officiers qui avaient vingt-huit ans de services , et aux colonels qui en avaient vingt. — Mais cette croix de Saint-Louis, vous ne savez pas ce que c'est; on ne la donne pas à tout le monde. ”
P.-C. Hannesse, Histoire et description de Notre-Dame de Reims… (1861)
“ Le premier roi de droite porte un glaive au lieu d'un sceptre. Ne serait-ce point Clovis, le conquérant de la Gaule et le fondateur du royaume? A côté de lui, nous reconnaîtrions assez volontiers saint Louis. Sa main gauche indique un médaillon où est représenté le crucifiement de Notre-Seigneur ; au pied de la croix, se tiennent la Sainte-Vierge et saint Jean. On connaît le culte de saint Louis pour la croix du Sauveur. ”
Colette Yver,
Saint Louis, roi de France
(1943)
“ Il chemine de sanctuaire en sanctuaire, absorbé dans les images de Notre-Seigneur mourant en croix, et suit le lacis des rues étroites et boueuses, quand une sonnette aigrelette fait retentir son avertissement. Saint Louis se redresse et aperçoit, là-bas, de l'autre côté de la rue, un homme tout défiguré qui vient à lui en agitant son « flavel », c'est-à-dire la sonnette jaune du lépreux, sinistre insigne, alerte aux passants qui s'écartent en grande hâte. Et l'homme sonnait tant qu'il pouvait pour que le passant inconnu lui jetât son aumône et s'enfuît terrorisé. ”
Aymard de Saint-Saud,
Armorial des prélats français du XIXe siècle…
(1906)
“ L'usage de faire figurer au bas de ses armoiries les croix du Saint-Esprit, de Saint-Louis, dont on était titulaire, s'est perdu sous la Restauration. La Légion d'honneur n'est plus, pour beaucoup de gentilshommes de nos jours, ce qu'était la croix de Saint-Louis pour leurs aïeux. ments habituels une épée, posée en barre sous l'écu ; les premiers « en raison de leur titre traditionnel de prince de Conflans et de Saint-Sigismond », les seconds « pour rappeler leur titre traditionnel de prince d'Aiguebelle » (1) . ”
Francis-Joseph Audet,
Jean-Daniel Dumas, le héros de la Monongahéla
“ Je vous supplie donc, Monseigneur, de luy procurer la croix de Saint-Louis ; cette grâce fera un effet sensible dans le militaire qui est confié à mes ordres, j’ose même vous dire qu’elle est nécessaire, surtout dans la dépendance des Illinois, où le service est on ne peut pas plus dur, et il est bon que ces Messieurs apprennent par épreuve que si le travail est grand, la récompense du monarque est toujours proportionnée... ”
Abbé, Le père de Louis XVI (1857)
“ Une feuille configurée autrement qu'une autre ; un fruit rouge à côté d'un blanc; un melon qui se traînait par terre, au lieu de pendre à un arbre, c'était pour lui la matière d'autant de pourquoi. Un jour qu'il sortait de chez lui, porté sur les bras de sa nourrice, il remarqua que le garde du corps qui était en faction à"la porte de son appartement avait une croix de Saint-Louis , il lui fit signe de s'approcher. Il lui prit la croix, qu'il considéra attentivement; se tournant ensuite vers la duchesse de Ventadour, sa gouvernante, il lui dit : Pourquoi donc cela, maman? ”
Louis Ange Pitou,
Toute la vérité au roi sur des faits graves touchant l'honneur de la maison de Bourbon…
(1821)
“ M. Pitou, monsieur le duc d'Avaray m'a remis vos deux Mémoires, je les ai lus attentivement; la demande de la croix de Saint-Louis que vous me chargez de faire au Roi, par le tableau de votre vie et de vos services, n'est point dans mes attributions , mais dans celles du ministre de la guerre ; chaque Ministre a son domaine, il ne peut empiéter sur celui d'un autre. Réponse.—Monseigneur, il est naturel que la demande de la croix de Saint-Louis soit faite à Sa Majesté par son Ministre de la Guerre ; mais, Monseigneur, ma demande a besoin d'être appuyée d'un certificat de Votre Excellence. ”
La France et le Coeur de Jésus… (1884)
“ Debout, ferme, calme, majestueux, il porte la couronne impériale. Sa main gauche soutient un globe surmonté d'une croix : c'est la figure de l'Église catholique. De la main droite, il tient levée sa vaillante épée. Sur le rocher qui le porte on lit ces mots : Moi, Charles, défenseur et auxiliaire de l'Église. Saint Louis aimait à se dire le bon sergent de Jésus-Christ. ”
Louis de Fiancette d'Agos, Notice sur Notre-Dame de Bourisp… (1854)
“ Chaque année, la population de Saint-Lary se rend en procession au pied de cette croix, et s'agenouille au bord de ce torrent qui porta la terreur et la dévastation dans ses demeures. Nous regrettons seulement qu'une belle croix ou bien une statue de la Mère de Dieu, de Celle à qui nous aimons à recourir dans le danger, ne s'élève point en ce lieu où elle serait si magnifiquement encadiée. ”
Aubin-Louis Millin, Abrégé des antiquités nationales ou Recueil de monuments pour servir à l'histoire de France (1837)
“ On y conserve plusieurs reliques, entre autres du bois de la vraie croix, enchâssé dans une croix de vermeil, donnée par saint Louis ; un des pouces de saint Jérôme ; une côte de saint Laurent ; une relique de saint Roch ; le manteau royal de saint Louis, dont on a fait une chasuble, qui ne sert que le jour de sa fête ; il est d'une étoffe de soie roue, avec des fleurs de lis et des castilles brochées en or, et disposées en lozanges. On y voit aussi une couronne que ce roi avait donnée : elle est de vermeil ”
Renée de La Richardays, Isabelle de France et la Cour de Saint-Louis… (1872)
“ Au moment de se retirer, après avoir demandé à toutes les religieuses de prier chaque jour pour la France et la famille royale, saint Louis posa sur l'autel- une admirable châsse d'or renfermant un morceau de la vraie croix, et un reliquaire de cristal et d'argent ciselé contenant une épine de la sainte couronne. ”
Renée de La Richardays, Isabelle de France et la Cour de Saint-Louis… (1872)
“ Ce château avait une chapelle souterraine appelée « le trésor » et qui possédait une croix d'or surmontant un calvaire; dans cette croix se trouvait une épine de la couronne de Jésus-Christ. Saint Louis avait donné à son fils Robert pour le même trésor un morceau de la vraie croix. Ce reliquaire enrichi de pierreries était gardé par sept prêtres chargés du soin de la chapelle. ”
Guillaume de Nangis, Vie et vertus de saint Louis, d'après Guillaume de Nangis et le confesseur de la reine Marguerite (1877)
“ Au moment de prendre la croix, le bon Roi réunit à Paris un grand parlement de barons, prélats, chevaliers et autres gens ; il les exhorta vivement à tirer vengeance des dévastations commises par les Sarrasins en Terre-Sainte, et des insultes qu'ils faisaient à la religion du Christ. Le cardinal prêcha ensuite le sermon d'usage, à la fin duquel le roi Louis prit très-dévotement la croix, et, après lui, ses trois fils, Philippe l'aîné, Jean et Pierre, et une grande multitude de barons et de chevaliers. ”
Gustave Lanson,
Histoire de la littérature française
“ Ayant une fois tâté de la croisade, il en a assez, et quand saint Louis reprend la croix et l’engage à faire de même, il répond, avec plus de sens que de zèle, que le meilleur moyen de servir Dieu, pour un seigneur, c’est de rester sur ses terres, et de protéger ses gens. ”
Colette Yver,
Saint Louis, roi de France
(1943)
“ Ce fut saint Louis qui parla. Lui seul possédait la flamme brûlante. Lui seul pouvait se faire pressant, suppliant, pathétique. Il adjura les évêques présents de promouvoir la piété envers la terre de Jésus-Christ, et les seigneurs de courir à sa délivrance. Le légat prit ensuite la parole au nom du pape Clément IV qui appelait les chrétiens au secours des malheureux fidèles de Palestine. Sur quoi, le roi tomba à genoux devant lui afin de recevoir la croix — croix pesante, croix tragique qu'il pressait avec des larmes d'amour sur sa poitrine! ”
Paul Gaffarel,
Dijon en 1814 et en 1815 , par Paul Gaffarel…
(1897)
“ Mme de Chastenay raconte dans ses Mémoires (1) qu'il espérait la croix de Saint-Louis. Mais on la lui refusa brutalement, et il en conçut un tel dépit, que bientôt il fut un des instigateurs du retour de l'île d'Elbe. Vint ensuite la distribution des croix d'honneur. On sait avec quelle prodigalité, soit pour déconsidérer l'institution, soit pour se populariser à peu de frais, les Bourbons décernèrent cette récompense nationale, que Napoléon avait au contraire réservée avec tant de parcimonie. ”
Henri Julien Grimoüard de Saint Laurent, Questions sur la noblesse et aperçus historiques sur la noblesse de la Vendée… (1860)
“ Est-ce que chaque province, chaque ville, chaque village n'a pas son histoire? Si l'on honore le petit-fils du connétable, est-il déraisonnable de faire au fils un titre d'honneur de la croix de saint Louis de son père? Ce terrain n'est point toutefois encore celui où nous voulons principalement nous placer. Ce qui nous importe, c'est que le gentilhomme trouve aussi bien que le grand seigneur dans le sentiment de l'honneur de sa race un motif de bien faire. ”
Pierre François Marie d' Icher-Villefort, Réfutation de la Dénonciation au Roi de M. Méhée de La Touche… (1814)
“ Au milieu d'un carré ouvert d'un seul côté , dessiné par des arbustes, des fleurs , des cyprès et des peupliers , étoit un bassin en forme de croix de Saint-Louis, ayant pour inscription : La terre en porte le deuil; ce qui convient également à la mort du Roi des Rois, et à celle du monarque paternel et martyr. De sur cette croix , s'élevoient huit consonnes composées de deux L chacune, dont l'une se prolongeoit vers la terre et l'autre vers le ciel, et les seize réunies ensemble formoient un piédestal d'un genre nouveau, puisqu'il figuroit un coeur dans quelque sens et de quelque ”
Aristide-Michel Perrot,
Album parisien, : cent vues gravées au burin
(1836)
“ Cette église, dédiée à saint Louis, et attenant à l'ancienne maison professe des Jésuites, rue Saint-Antoine, vis-à-vis de celle Culture-Sainte-Catherine, fut bâtie par ordre de Louis XIII, qui en posa la première pierre en 1627; elle fut achevée en 1041. Elle a la forme d'une croix romaine, avec un dôme sur-pendentif au centre de la croisée; le portail, de 24 toises d'élévation, est magnifique: il se compose de trois ordres d'architecture l'un dans l'autre, deux corinthiens et un composite; on le doit au cardinal de Richelieu, qui en confia l'exécution au père François Derraud. ”
[Monnaies, grecques, romaines, byzantines… (1997)
“ Reproduction moderne. S.R. Très beau F 500 329 WESTPHALIE. Médaille d'Honneur de 2e classe du 1er modèle en argent. Reproduction moderne. Très beau F 500 330 Médaille d'Honneur de 2e classe du 2e modèle en argent. Reproduction moderne. SUP F 700 DECORATIONS DE LA RESTAURATION 331 Barrette pleine 39 x 4 mm, en or, portant 3 décorations : Saint-Louis en or, Lys couronné en argent, et Saint-Lazare et N.D. du Mont-Carmel en or. La bélière de la croix de Saint-Louis est cassée, le centre du revers de la croix de Saint-Lazare et N.D. du Mont-Carmel a été remplacé par un centre de Saint-Louis. ”
Ministère de l'Instruction publique et des beaux-arts… (18..)
“ A droite, saint Louis agenouillé, vêtu d'un manteau bleu fleurdelisé, lève les yeux au ciel; près de lui, un serviteur, vêtu d'une robe verte et d'un manteau rose, est debout et tient un vase; un autre, en robe jaune, est agenouillé et présente des bandes de linge dans un plat. A gauche, deux hommes à genoux, l'un soutenant un malade, l'autre joignant les mains. Au-dessus, dans des nuages, le Christ apparaît, entouré d'une draperie blanche; il est porté par des anges et montre du doigt sa croix, que tient un autre ange; la Vierge intercède auprès de lui. ”
Nicolas-Michel Troche, La Sainte-Chapelle de Paris : notice historique… (1855)
“ Dans le compartiment médial on distingue : la sainte couronne, la croix, la lance et l'éponge. Au-dessus sont suspendus cinq vases, figurant ceux qui étaient conservés dans la grande châsse de la Sainte-Chapelle. Ces vases renfermaient les saintes reliques désignées ci-dessus, pages 15-16. Dans le compartiment de droite , on voit saint Louis, et dans celui de gauche, Blanche de Castille, sa mère, tous deux à genoux , couvert du manteau royal et la couronne en tête. Dans la partie supérieure du champ, à droite, un ange descend du ciel tenant un encensoir. ”
P. Bailly, Paris dans sa splendeur sous Napoléon III… (1862)
“ Celle façade se compose de quatre colonnes ioniques isolées qui supportent un entablement couronné par un fronton. On retrouve à Saint-Louis, comme dans la plupart des édifices religieux du temps, la croix latine el les trois nefs séparées pailles arcades ornées de pilastres. En face de chaque arcade s'ouvre une chapelle. A l'extérieur, l'attention n'est fixée que par une coupole et par un clocher assez bizarre : il est en forme d'obélisque percé à jour. ”
