Résumé

Portrait de Eugène Ducom Eugène Ducom Les Caravanes du Chevalier de Mombalère…

Marceline paraissait désirer que ce quelque chose en sortît. — Il est si étourdi, disait Zulmé. — Il n’y aura jamais une meilleure occasion, — répondait l’autre. Enfin Zulmé fut vaincue. Elle vint à moi, portant la vénérable montre de famille, une montre en or avec une chaîne d’or, des breloques, le cachet aux armes de Mombalère, une clé en cristal de roche et des graines d’Amérique. C’était celle qu’on me montrait dans mon enfance lorsque j’avais été bien sage. — Tiens, dit Zulmé avec un soupir, tiens, Léandre ; prends-en soin, et surtout ne la perds pas.
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Portrait de Eugène Ducom Eugène Ducom Les Caravanes du Chevalier de Mombalère…

Qui es-tu, pour insulter ainsi les Mombalère, une famille presque aussi ancienne que le bon Dieu ? De la morue ! La pauvre demoiselle ne sortira-t-elle pas avec la couronne ? et le baron n’est-il pas assez riche pour lui faire la noce ? Apprends, gourmand, qu’on a tué cette nuit au château plus de veaux, plus de dindons et de moutons que tu n’en mangeras dans toute ta vie. Tu n’es pas invité, meunier, et c’est ce qui te rend si malhonnête ; mais quand tu mourras, ce sera le bourreau qui fera la noce, et on ne mangera pas même de la morue.
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Portrait de Eugène Ducom Eugène Ducom Les Caravanes du Chevalier de Mombalère…

Je ne me fis pas prier, et avec une candeur qui eût désarmé un tigre je chantai, en m’accompagnant, Fleuve du Tage, un des triomphes de ma pauvre sœur Zulmé, mais j’avais affaire à des plaisans de province, c’est-à-dire à une race sans pitié. Il me fallut leur donner tout mon répertoire. Après chaque morceau, j’étais applaudi avec fureur, et j’aurais continué toute la nuit, si la comtesse ne se fût approchée de moi et, me prenant la guitare, ne m’eût dit : — C’est assez, mon cousin ; en vous laissant chanter plus longtemps, je craindrais d’abuser de votre complaisance.
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