Résumé

E. Ducom Revue des Deux Mondes

Le son de la guitare se fit entendre de nouveau ; je m’élançai, et j’écartai violemment les bords de la capule. La lune éclaira en plein le visage de Marthe. Elle poussa un cri et cacha sa tête dans ses mains. Il me sembla qu’elle chancelait, mais moi-même je sentais la terre fuir sous mes pieds. J’étais fou. — Partons ! dis-je au maquignon. Nous passâmes devant la Chouric, qui s’arrêta tout étonnée, et nous l’entendîmes crier : — Sabbat ! sabbat !
J’étais guéri de ma croyance aux sorciers ; je ne crus plus qu’à la perfidie des femmes.
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E. Ducom Revue des Deux Mondes

Dans le petit jardin, encombré de ronces et de mauvaises herbes, nous aperçûmes deux femmes : c’était la Chouric et Marthe.
Quand nous fûmes à une petite distance, le brûleur, me dit en fermant un œil et en souriant de son air le plus fin : — Il paraît qu’il y aura fête ce soir ! — Vous voulez parler du sabbat ? lui dis-je.
— Oui, répondit-il ; il y a bien des gens qui iront, et dont on ne se méfie guère.
— M. le curé par exemple ? ajoutai-je, voulant faire l’homme bien informé.
— Peut-être, dit le brûleur. Dans tous les cas, il n’est pas aussi bon sorcier que son oncle.
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E. Ducom Revue des Deux Mondes

C’est moi qui ai tout fait. Tout le monde me traite de sorcière, j’ai montré ce que la sorcière savait faire. Marthe n’aurait pas osé se marier avec un pauvre garçon qui n’a rien et qui est le fils de la Chouric ; mais j’ai su contraindre sa volonté. Si j’avais voulu, je l’aurais conduite au bout du monde, au sabbat ! J’ai bien forcé ce chien de me suivre, et il y a une heure il ne me connaissait pas. Harri ! harri !... Suis-moi, mon chien, sus aux loups ! Mais si nous rencontrons le loup blanc, faisons-lui bonne mine, c’est un ami qui voyage.
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