Résumé

C. Vériot Le Bonheur du foyer, par C. Vériot (1873)

Elle était dans un de ces sombres quarts d'heure lorsqu'elle écrivit à Emma la lettre à laquelle M. Lefebvre faisait allusion dans celle que nous avons rapportée. Henri répondit qu'il ne songeait point à reprendre sa fille, que sa seule joie était de la sentir en des mains si sages et si habiles ; car il voulait qu'un jour elle pût faire le bonheur d'un honnête homme.
Ces simples paroles en disaient plus que des plaintes amères. Henri n'avait pas rencontré ce bonheur qu'il méritait si bien, et il souhaitait du fond de son coeur à Marie tout ce qui manquait à Gabrielle.
Source : Gallica

C. Vériot Le Bonheur du foyer, par C. Vériot (1873)

Gabrielle reçut avec orgueil cette preuve de la tendresse qu'elle avait inspirée, mais elle en fut peu touchée, et elle ne se préoccupa que des moyens d'exercer sur Henri un empire absolu. Il y en avait un bien simple et bien légitime : c'était de suivre les conseils d'Emma; mais la jeune femme ne s'arrêta pas un instant à celui-là ; bien plus, au lieu d'admirer sa soeur, elle s'en moqua tout bas, et se dit qu'une femme sans instruction, sans esprit, sans bonté, pourrait, tout aussi bien qu'Emma, vivre en bonne intelligence avec un mari dont elle s'attacherait à prévenir les moindres désirs.
Source : Gallica

C. Vériot Le Bonheur du foyer, par C. Vériot (1873)

Marcel reconnut sans trop d'étonnement, dans le vieillard qui conduisait la première voiture, le père Henry, le millionnaire. Il s'approcha de lui, serra cordialement sa rude main cachée dans un épais gant de laine, et continua de marcher à son côté.
— Vous vous promenez donc tout seul, mon colonel ? dit le père Henry. D'aventure que M. Granval n'est pas avec vous.
— Il travaille, répondit Marcel ; et vous, monsieur - Henry, vous travaillez aussi, comme si vous aviez votre fortune à faire.
— Que voulez-vous, monsieur? Le travail; c'est la santé, c'est la gaîté, c'est le bonheur de la vie.
Source : Gallica

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