Résumé

Portrait de Camille Roy Camille Roy Romanciers de chez nous

L’amour d’une femme se complique de l’amour de la patrie. Et l’amour de la patrie traverse et contrarie l’amour de la femme. Cette rencontre d’affections, qui se heurtent et se meurtrissent, fait l’histoire des âmes plus poignante, plus pathétique, plus grande. Et nul doute que, bien soudés l’un à l’autre, ces deux sujets de roman — car il y en a deux, dont le premier consiste dans les amours de Jules et de Marguerite brisées par la question religieuse, et le second, dans le dévouement de Jules à la création d’une âme canadienne — ne soient propres à se fortifier l’un par l’autre.
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Délicatesse, fraîcheur, sensibilité : c’est de quoi se composent les scènes du roman, et ce qui en renouvelle sans cesse l’attrait. Rien ne languit : les âmes comme le style courent au but. Et à travers toutes les péripéties de l’aventure et pour la rendre plus doucement attachante, jamais de bonheur total, toujours l’inquiétude des âmes mal satisfaites. « Je ne crois pas qu’il y ait de bonheur total, écrit l’auteur qui un moment coupe le récit de pensées mélancoliques. Il n’y a que des désirs et de l’espoir ... C’est la vie, et c’est triste. »
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La vie de famille ne fut pas longue pour Lambert Closse et Elisabeth Moyen. Le mari fut tué par une balle iroquoise, et la jeune épouse resta veuve à dix-neuf ans, n’ayant pour se consoler qu’une petite fille de deux ans.
Et voilà tout le sujet du roman, tout le thème sur lequel devaient broder l’imagination et l’exquise sensibilité de Laure Conan. Lambert, c’est l’oublié ; Elisabeth, c’est la jeune fille timide, un peu naïve, attachante, qui éveille un très discret amour dans un cœur de brave, lequel ne semblait né tout d’abord que pour la gloire et les rudes combats.
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