Résumé

Claude Vignon Une femme romanesque ; Adrien Malaret…

Mon amie, calmez-vous ! ma voix a eu jadis sur vous de l’autorité... et, si elle n’en a plus, souvenez-vous !... Par le cœur au moins, vous êtes mère aussi, et il y a bien peu d’années que vous pressiez dans vos bras un enfant tendrement aimé. Si...
— Ah ! oui, s’écria-t-elle avec un accent terrible, parlons de cela !... Parlez-moi de lui !
Et, tout à coup, des larmes chaudes jaillirent de ses yeux ; du doigt elle indiqua au prêtre la porte voisine, et, en étouffant un sanglot :
— François est là ! dit-elle.
— Ah ! fit l’abbé Le Garouiller, avec un geste de douleur.
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Claude Vignon Une femme romanesque ; Adrien Malaret… (1881)

Dans dix ans, dit M. Audibert.
– Nous serons vieux alors... nous aurons des cheveux blancs...
– Oh ! gris, tout au plus.
– Qu'importe ? La jeunesse sera bien partie, cette fois, ajouta-t-elle comme en se parlant à elle-même...
l'ennemi sera bien terrassé...
– Quel ennemi, ma femme ?
Stéphanie eut un frisson, comme si la parole de son mari l'eût réveillée en sursaut d'un rêve.
– Rien ! dit-elle, rien !
– Mais où vas-tu donc, chère amie ? s'écria le notaire, en s'arrêtant tout à coup au détour de la crypte Saint-Jean. – Tu veux aller rôder dans le château, à pareille heure ?
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Claude Vignon Une femme romanesque ; Adrien Malaret… (1881)

Alors, comme il avait l'âme accessible au sentiment des grandes choses, il admira l'honnête femme. Son amour s'épura en un instant. Il enveloppa Stéphanie d'un regard plein de dévouement et de respect, et lui dit :
– Merci, madame, d'être venue me voir dans le nid que je m'étais arrangé ici, – non point du tout parce que je suis un aigle, comme le dit malicieusement monsieur votre mari, mais parce que je voulais, dans cette solitude, travailler et me recueillir ; que j'aimais à voir votre maison, votre jardin et votre fenêtre, – le ciel plus près de moi, la terre en bas...
Source : Gallica

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