Résumé

Daniel et Jéré ou L'égoïste et le dissipateur (1842)

Il est telle créature féminine, une actualité il y a vingt ans, devenue, à l'heure qu'il est, dévote jusque dans ses souliers : elle crie à l'horreur, au scandale chaque fois qu'une passion un peu violente, un peu péripétique, éclate dans un ménage. Cette mégère était, à l'aurore de sa vie, une chaste marchande de modes, qui s'attachait non pas à avoir les étoffes les plus jolies pour ses chapeaux, mais les chapeaux les plus riches pour ses charmantes étoffes. Un mari menait sa femme chez elle pour y faire ses emplettes : et le mari et la femme d'acheter quelque chose chacun de leur côté.
Source : Gallica

Daniel et Jéré ou L'égoïste et le dissipateur (1842)

A la santé des égoïstes;!...
— A la santé des dissipateurs ! répliqua Bergues, eux seuls croient bien comprendre la vie.
— Les égoïstes savent la mettre à profit, s'écria Jéré en se levant. L'égoïsme est tout ici-bas, c'est la joie intérieure de la plupart des ames, c'est le chapelet adoré des prêtres du veau d'or. Ne penser qu'à soi, quelle pensée immense ! S'il s'agit des autres, on est gêné , restreint, souvent contrarié ; mais pour soi on embrasse tout, on aspire à tout. C'est le seul sentiment profitable; les autres sont plus ou moins ruineux.
Source : Gallica

Daniel et Jéré ou L'égoïste et le dissipateur (1842)

Nous avons reçu M. Mélitan comme un ami de M. Malou, comme une connaissance agréable , et rien de plus. Quoique veuve, quoique libre, il y a chez moi de la volonté, de l'énergie, qui me préservent de bien des tentations. Très-jeune j'ai su apprécier le monde à sa valeur, et je ne lui donne jamais plus qu'il ne mérite. Veuve depuis dix ans, j'aurais fort bien pu me remarier; je ne l'ai pas fait, pour rester tout entière à Stéphanie, parce que je l'aime, comme on aime une fille unique.
Source : Gallica

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