Denis Diderot,
Jacques le Fataliste et son maître
(1796)
“ Le peuple est avide de spectacle, et y court, parce qu’il est amusé quand il en jouit, et qu’il est encore amusé par le récit qu’il en fait quand il en est revenu. Le peuple est terrible dans sa fureur ; mais elle ne dure pas. Sa misère propre l’a rendu compatissant ; il détourne les yeux du spectacle d’horreur qu’il est allé chercher ; il s’attendrit, il s’en retourne en pleurant... Tout ce que je vous débite là, lecteur, je le tiens de Jacques, je vous l’avoue, parce que je n’aime pas à me faire honneur de l’esprit d’autrui. Jacques ne connaissait ni le nom de vice, ni le nom de vertu ”

