Résumé

E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral, troisième série…

Les colonies de l’Amérique du Sud ne songèrent à se gouverner elles-mêmes que le jour où l’étranger fut le maître dans la métropole. L’affranchissement les surprit à l’improviste. Leur éducation politique était tout entière à faire, et une révolution imprévue faisait tomber leurs lisières avant qu’elles eussent appris à marcher. Bien qu’une même impulsion animât tous les insurgés, bien qu’ils sentissent instinctivement que leurs causes étaient solidaires, nulle pensée d’unité ne parut présider à leurs efforts.
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E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral, troisième série…

De bien grands événemens peuvent souvent être décidés par des forces presque insignifiantes. Sans sa flotte, qui ne compta jamais qu’un vaisseau de soixante canons, trois frégates, une corvette, quatre bricks, quatre goélettes et neuf transports, le Chili eût peut-être été incapable de maintenir son indépendance. À coup sûr, il n’eût point aussi efficacement contribué à l’affranchissement du Pérou.
Ce ne fut point cependant le Chili qui eut la gloire d’expulser les derniers Espagnols du sol américain. Cet honneur était réservé aux soldats de la Colombie et au général Bolivar.
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E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral, troisième série…

Il n’est point vrai d’ailleurs que ce soit la liberté seule qui ait fait la grandeur des États-Unis. Cette grandeur, il la faut bien plutôt attribuer à la salutaire pratique des rigides devoirs qu’impose un sévère christianisme. Les Américains du Nord ont été jusqu’ici guidés par la nuée lumineuse qui conduisait les Hébreux dans le désert. Que leurs croyances s’émoussent, et nous verrons comment ils supporteront cette dangereuse possession de soi-même, qui est le grand écueil des individus et des peuples ! Le peuple américain n’a point connu d’enfance.
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