Résumé

Etude sur la bienheureuse Raingarde de Montboissier (1888)

Dès qu'elle se sentit malade, elle fit prévenir ses sœurs qu'elle allait mourir; elles s'assemblent autour de son lit et ne peuvent retenir leurs gémissements et leurs larmes en présence d'une perte qu'elles disent irréparable.
Raingarde souffrait sans doute, mais une souffrance que l'on aime n'est pas un obstacle à la transfiguration d'une âme ; elle en est même l'agent le plus actif. C'est le marteau du lapidaire qui donne à la perle brute, le poli et l'éclat du riche diamant; c'est le creuset où l'or pur achève de se dégager de tout alliage étranger.
Source : Gallica

Etude sur la bienheureuse Raingarde de Montboissier (1888)

Dès l'instant où elles sont admises en religion, elles ont les yeux et le visage continuellement cachés par le voile qu'on leur donne. Ce voile est comme un suaire qui doit leur servir de mémorial pour se préparer à la mort. Voilà pourquoi elles vivent à l'ombre d'un cloître protecteur, lequel, s'il leur tient lieu de sépulture pendant la vie, leur promet, en retour de son étroitesse, l'immensité des cieux et la consolation de la résurrection bienheureuse; de sorte qu'elles aiment mieux mourir que de violer la clôture et la limite du seuil qui leur est assigné.
Source : Gallica

Etude sur la bienheureuse Raingarde de Montboissier (1888)

Raingarde aimait beaucoup les pauvres; c'était, si l'on peut parler ainsi, la passion dominante de toute sa vie. Les indigents de Montboissier devaient en savoir quelque chose. Que de faméliques rassasiés! que de misères soulagées par les libéralités de cette bonne châtelaine; plus heureuse que tant d'autres femmes qui trouvent dans le mauvais vouloir de leur époux un obstacle pénible à l'accomplissement de leurs œuvres de charité, elle avait été admirablement secondée par Maurice à ce sujet; aumônière dans le siècle, elle continuait de l'être dans le cloître.
Source : Gallica

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