Georges Blanchion

Résumé

Georges Blanchion Revue des Deux Mondes

Puisque la guerre évolue avant même de s’achever, puisqu’elle est un art vivant et mouvant dans nos mains, c’est quelque chose qui doit nous prendre tout entiers ; il faut la faire non seulement avec tout ce qu’on a, mais avec tout ce qu’on est, mais avec toutes les ressources de l’esprit et de la volonté, avec toutes les richesses des forces vivantes, leur plasticité, qui enveloppe les obstacles, leur souplesse rebondissante sous les chocs, leur passion aux mille visages et leur ténacité à l’invariable étreinte.
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Georges Blanchion Revue des Deux Mondes

Ainsi, il fallait trouver quelque chose de moins lent que la sape pour franchir les tranchées ; quelque chose qui, d’un bond, permit de sauter par-dessus les lignes successives et de passer derrière elles, dans une surprise, jusqu’à l’espace libre. Alors, on pourrait recommencer cette guerre de mouvement, qui semblait encore la vraie guerre, et dont on n’était séparé que par l’étroit cordon des tranchées. Les Allemands crurent avoir découvert l’instrument vainqueur avec les gaz asphyxians.
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Georges Blanchion Revue des Deux Mondes

Les moyens suffisans pour forcer un parti sur toute leur longueur dépassent la capacité industrielle des belligérans. Et l’on se bat sur place, jusqu’à épuisement du moins endurant. La lutte est un compte non de profits, car on ne gagne rien de substantiel, mais de pertes. Celui qui est obligé d’attaquer est condamné d’avance, car ses dépenses sont supérieures à celles du défenseur ; il perd plus d’argent, de matériel et de sang.
De là l’influence du blocus. Elle grandit à mesure que la guerre se transforme, à mesure qu’elle consomme davantage pour de moindres avances sur le terrain.
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