Résumé

J. Agrippa La première flétrissure

S’humilier devant quelqu’un qu’on sait vous aimer, lui dire qu’on l’aime, savoir ce que ce mot peut faire sur lui, et après cela le haïr, ne lui parler ainsi que pour n’être pas en butte à des ennuis ! Non, mille fois non, je ne puis croire à tant de lâcheté. Je connais ce que vaut le monde, je sais que Mignon est loin d’être ce qu’il y a de plus pur, mais il a au moins des sentiments d’honneur, il n’est pas lâche. Et c’est selon moi la plus basse des lâchetés que d’abuser d’un cœur. Non, Mignon n’est pas un serpent, il ne veut pas m’étouffer, me tuer sous ses caresses.
Source : Gutenberg

J. Agrippa La première flétrissure

Je ne cesserai de le répéter : ce qu’il y a de plus pitoyable, c’est l’innocence de ces êtres flétris, c’est l’ignorance où ils sont de la monstruosité de leurs actes. Le monstre, c’est la luxure, c’est l’oisiveté de la geôle. Le vice, en cet endroit, est quelque chose de fatal, à quoi on peut à peine se soustraire, et le mal s’empare aisément d’êtres qui n’ont point encore la conscience du mal.
Si je signale des choses énormes, je ne signale que des choses vraies, et si je relève des faits exceptionnels, c’est pour montrer les conséquences extrêmes de l’état de choses créé par l’internat.
Source : Gutenberg

J. Agrippa La première flétrissure

Non, ce n’est pas la volupté seule qui anime tout ce corps. Il a un cœur. Jusqu’à présent sa beauté est peut-être cause qu’il ne l’a pas montré. Il a vécu parmi des gens qui ne voyaient que sa beauté et ne songeaient qu’à en jouir. A ce contact, sous l’influence de ces langues mielleuses qui ne parlaient qu’une passion impure, son cœur a pu se rendormir. Jamais peut-être une main n’a pressé la sienne que pour lui communiquer un amour insensé. Jamais peut-être quelqu’un n’a employé envers lui de nobles procédés. On a eu de l’amour pour lui, et l’amour s’est envolé comme il était venu.
Source : Gutenberg

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