Jean Beslière

Résumé

Jean Beslière Le page mutilé (1923)

Il eut dans un éclair la vision du petit Robert de Pertuisel guettant par l'entre-bâillement d'une porte le moment d'aller plonger ses mains dans la flamme, et, d'un seul élan, il entra en criant : « Elle a raison! Ce n'est pas vrai ! »
Il vit une grande pièce tendue de bleu, un lit large et bas, une grosse touffe de chrysanthèmes dans un coin; et, appuyée à un secrétaire, Cynthia en robe noire, toute pâle, toute droite, en face de madame Poméon qui se courbait et frémissait sous le souffle de la haine comme un vieux saule noueux dans le vent d'hiver.
Source : Gallica

Jean Beslière Le page mutilé (1923)

Comme il passait devant une fenêtre ouverte sur la cour, il entendit une voix connue qui s'exclamait : «... un charmant cottage anglais ! » C'était la dame emmitouflée qui admirait la façade à bow-windows ; c'était madame Vinade qui félicitait madame Roquemont, accourue à l'appel d'Edouard, de l'aspect paisible et confortable du logis.
Quand Louis, tout essoufflé, arriva à son tour
devant la grille maintenant grande ouverte, les deux dames et les deux messieurs se criaient des amabilités, pour dominer les aboiements de Taïaut qu'il était impossible de faire taire.
Source : Gallica

Jean Beslière Le page mutilé (1923)

Ruminant son dépit, il se détacha de la contemplation de l'autel glorieux et rutilant, pour jeter sur sa compagne un regard plein d'animosité. Évidemment, elle ne se doutait pas de la rancœur qu'il éprouvait et dont elle était la cause. Le profil incliné, le menton niché dans le jabot de dentelles qui s'échappait de son manteau de fourrures, elle fixait pensivement les yeux sur un enfant qui, debout à côté de l'orgue, chantait l'Adeste fideles.
Cette attitude accrut encore le mécontentement de M. Vinade. Il savait que Cynthia était tourmentée par un désir nostalgique de maternité.
Source : Gallica

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