Résumé

Jean Bucheli Au parc du passé proche : poèmes (1937)

Tout un hymne muet s'élance Jusqu'où vont les plus grands élans ; L'ombre des arbres, sur la place, Attend le revenir d'Horace ;
Oh ! l'éclat des tuiles, là-haut !
Ce que nos jours laissent de lie Oublions-le, comme on l'oublie Devant un matin de Corot !
Voici l'été, voici la Force ;
Sous le flot vert la recouvrant La treille à la membrure torse Devient un asile odorant.
Simple reposoir des tonnelles
— Loin des poussiéreuses venelles Où peine, peut-être, un marcheur — Qui donc n'aime votre accueil d'ombre : Tout sens exact y croule et sombre Dans l'infini de la fraîcheur !
Source : Gallica

Jean Bucheli Au parc du passé proche : poèmes (1937)

Un peu de sens profond que la Nature prête A l'été, prince fort, toujours trop tôt parti.
Comme le sentiment s'est vite anéanti Que j'avais de gravir enfin la haute crête D'un univers caché; mensonge que regrette Le désir de savoir au fond de moi blotti.
Oh ! Sagesse !... accepter d'être ce que nous sommes Oh ! Dépit, cependant : laisser nos regards d'hommes Interroger le vent sur l'avoine et les blés.
En sachant bien que ciels, paysages, musique Sont des mondes fermés dont, n'ayant pas les clés, Nous ne connaîtrons rien, hormis l'aspect physique.
Source : Gallica

Jean Bucheli Au parc du passé proche : poèmes (1937)

Comme au temps de Ronsard, comme au temps de Virgile. Comme depuis toujours, quelques bœufs, maintenant, Courbés, paissent le trèfle et l'herbage fragile :
Des ruches multiplient leur envol bourdonnant.
Et, tandis qu'en longeunt des pépinières frêles On entend s'éveiller les oiseaux par moments,
Dans un jardin sablé, la cage aux tourterelles Exhale l'infini de ses roucoulements.
Sous des réseaux discrets, mais auxquels rien n'échappe, La clarté qui grandit prend les êtres vivants,
Et les premiers lilas tendent leur prime grappe En offrande aux esprits versatiles des vents.
Source : Gallica

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